Dernière mise à jour : 30 mai 2009
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Faculté de Théologie de l'Institut Catholique de Paris

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L’Apôtre Paul : un autoportrait

  Claude Tassin

Prêtre spiritain

Maître de conférences en Ecriture Sainte à la faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Institut catholique de Paris


Site web : Page de Claude Tassin sur le site de l’ICP

L’Apôtre Paul : un autoportrait, Paris, Desclée de Brouwer, 2009.

Présentation de l’éditeur

Tout au long de l’histoire, la mémoire chrétienne hésite entre le Paul dépeint par les Actes des Apôtres et celui qui se profile dans les épîtres. D’emblée, cet essai fait le choix de rejoindre à travers ses lettres la figure d’un missionnaire hors pair des origines du christianisme. Car Paul se signale comme le seul auteur du Nouveau Testament à s’exprimer à la première personne de manière réelle et pratique, jusqu’à confier à ses correspondants ses projets de voyages, des salutations nominales ou des souvenirs concrets. Comment alors cerner sa personnalité, parvenir à une vision d’ensemble, d’autant plus que les recherches actuelles sur la théologie paulinienne sont en plein bouillonnement ? C’est le défi relevé ici par Claude Tassin.

Introduction

Au long de l’histoire, la mémoire chrétienne hésite entre le Paul dépeint par les Actes des Apôtres [1] et celui qui se profile dans les épîtres. Les huit chapitres qui constituent cet essai tentent de rejoindre, à travers ses lettres, la figure d’un missionnaire hors pair dans les origines du christianisme. Le titre proposé, « Autoportrait [2] », artifice littéraire bien entendu, s’autorise cependant d’un fait indéniable : Paul, parmi d’autres « je » qui constituent un simple subterfuge littéraire, se signale comme le seul auteur du Nouveau Testament à s’exprimer à la première personne de manière réelle et pratique [3], jusqu’à confier aux correspondants ses projets de voyages (cf. 1 Co 16,5-9), des salutations nominales (cf. Rm 16) ou des souvenirs concrets (Ph 4,15 s.) [4]. Ce trait parut si lié au style du Tarsiote que, pour fournir une authenticité paulinienne à son écrit, l’auteur de la deuxième lettre à Timothée recourra à ce genre de détails concrets, l’oubli d’un manteau et de parchemins (2 Tm 4,13), et que les auteurs néotestamentaires de la fin du Ier siècle, qu’ils contestent Paul ou s’inspirent de lui, se sentiront en quelque sorte contraints de recourir à ce modèle épistolaire pour s’exprimer.

Suffirait-il alors de recopier les pages des épîtres pour découvrir le « vrai » Paul ? On sait que, dans le domaine pictural, tout autoportrait est livré à l’interprétation, au regard de spectateurs qui ont chacun leur angle de vue et construisent leur propre synthèse affective et intellectuelle du tableau qu’ils contemplent. Il en va de même pour la lecture des épîtres de Paul. Nous n’échapperons pas à la règle de la subjectivité qui commande toute interprétation d’un autoportrait.

La personnalité de l’Apôtre s’avère fort riche et ses confidences, issues de rencontres et de situations particulières rapportées souvent par de simples allusions, restent parcellaires [5]. D’où la difficulté de parvenir à une vision d’ensemble, d’autant plus que les recherches actuelles sur la théologie paulinienne sont en plein bouillonnement ou, pour reprendre la métaphore de D. Marguerat, « l’exégèse de Paul ressemble aujourd’hui à une ville qu’un tremblement de terre a dévastée [6] ».

Dans ce vaste chantier, nous tentons, de manière restreinte, et simpliste peut-être aux yeux de certains, de tracer un portrait de l’Apôtre, du missionnaire qu’il fut. Plusieurs voies possibles s’ouvrent alors. Comme le fait S. Légasse [7], on démêle de manière critique les données des Actes des Apôtres et celles des épîtres pour retracer de manière chronologique la carrière de Paul. Les historiens d’aujourd’hui nous aident aussi à restituer le paysage gréco-romain du Tarsiote [8]. L’approche de J. Becker [9], fort réussie, se veut plus ambitieuse. En une sorte de biographie théologique, l’auteur cherche à montrer comment se croisent les étapes succes-sives de la mission de Paul et les évolutions de sa pensée.

Notre démarche, certes balisée par de telles recherches, prendra une voie différente. Reprenant la métaphore de l’autoportrait ou, de manière plus modeste et plus réaliste, l’interprétation d’un autoportrait, nous cherchons à articuler diverses « touches », diverses images et figures par lesquelles Paul transmet le sens et l’expérience de sa mission d’apôtre et (ce qui n’est pas la même chose) de sa vocation propre. Un problème surgit aussitôt, qui se profilait dès notre premier alinéa, à savoir la paternité des lettres attribuées à Paul. La recherche actuelle distingue entre certaines épîtres dites « authentiques [10] » et d’autres considérées comme « deutéro-pauliniennes [11] », écrites ultérieurement par des disciples s’employant à actualiser, en des situations ecclésiales nouvelles, le message et les pratiques du missionnaire disparu et, du même coup, retouchant le portrait. L’itinéraire ici proposé s’appuie sur cette distinction. En effet, quant à l’autoportrait de l’Apôtre en tant qu’apôtre, maintes différences de pensée semblent trop criardes dans les « deutéro-pauliniennes » pour relever d’une simple évolution de la pensée de l’auteur. Par exemple, la vocation « apocalyptique » de Paul s’exprime en Galates 1,15-16. Elle se voit relue et reformulée, dans l’épître aux Éphésiens [12], que nous ne consulterons pas, en termes d’« intelligence du mystère du Christ » (Ep 3,4). Or, jamais les lettres proto-pauliniennes ne dissertent sur la notion de mystère et emploient rarement ce terme.

Même si cette distinction reste discutée, nous limiterons généra-lement notre lecture aux sept épîtres réputées authentiques. Nous chercherons d’abord si le titre d’apôtre suffit à cerner la personna-lité de Paul et, pour approfondir ce questionnement, nous nous attarderons sur le passage où l’auteur se dit « ministre d’une alliance nouvelle » (2 Co 3,6), expression relayée par cette autre : « ministère de la réconciliation ». Pourquoi aussi et en quelles circonstances se présente-t-il comme père ou mère ? À ce stade de la réflexion, nous pourrons aborder ce que L. Cerfaux appelait « l’antinomie paulinienne de la vie apostolique », à savoir la place centrale de la croix dans les péripéties de la mission du Tarsiote. On comprendra alors pourquoi il arrive à ce dernier d’évoquer son ministère à travers des métaphores cultuelles. La profondeur de cette compréhension de soi ne s’oppose nullement à des choix très concrets, tels les rapports de l’Apôtre avec les finances ou sa résistance ferme à des missionnaires concurrents. Le parcours s’achèvera par une enquête sur la prière de Paul. Celle-ci, en effet, fait réellement partie de la « stratégie » apostolique. Bien sûr, notre chemin ne rencontrera que de manière transversale les grands thèmes pauliniens qui retiennent l’attention de la christologie, de l’ecclésiologie et de l’éthique [13]. C’est un choix dont nous espérons qu’il a quelque légitimité, même si bien des traits manquent certai-nement au portrait.

Notre lecture, une approche rédactionnelle, consiste à comprendre Paul par Paul, à relier entre eux, si possible dans un ordre chronologique, les passages où se profilent les motifs que l’on vient d’énumérer. Mais il sera souvent nécessaire de donner du relief à ces textes, tantôt en les adossant au milieu juif qui est celui de l’Apôtre, sans oublier certaines notions hellénistiques qui ont marqué le judaïsme de cette époque, tantôt en les situant sur la trajectoire des évolutions des premières Églises. Au reste, nous ne prétendrons jamais présenter un commentaire exhaustif des passages invoqués pour notre propos, mais procéder à une lecture qui retienne surtout les axes de notre problématique. C’est pourquoi, alternant des analyses précises avec des notations plus synthétiques, nous ne pourrons pas toujours citer les commenta-teurs qui inspirent cet essai.

L’index biblique final confirmera, pour notre itinéraire, le recours assez fréquent à la Deuxième Lettre aux Corinthiens. Peut-être en raison de son caractère composite, elle n’a pas la célébrité de son aînée, la première lettre aux Corinthiens [14]. Pourtant, elle s’impose ici à notre intérêt, puisqu’elle constitue le lieu où l’auteur se confie le plus largement, et de manière combative, sur ses conceptions de l’apostolat [15]. Il existe de remarquables commentaires exégétiques de cette épître qui savent en disséquer les détails avec pertinence et sagacité, mais qui peinent à restituer et à synthétiser le motif fondamental, l’expé-rience apostolique qui sous-tend ces détails.

Dès lors peut-on, comme se le propose J. D. G. Dunn, « entrer dans la peau de Paul, voir par ses yeux, penser de l’intérieur, pour ainsi dire, ses pensées [16] ? Nous le pensons. Certes, vingt siècles nous séparent de Saul de Tarse. Mais, à la différence de pièces bibliques narratives qui, par nature, masquent leur auteur, Paul s’exprime en tant que Paul, pas toujours sans arrière-pensées, à travers des épîtres dans lesquelles il s’implique et implique ses correspondants. La notion de « gouffre de l’histoire » qui, rarement il est vrai dans le monde exégétique, s’interdit une plongée dans ce gouffre au profit d’une réception immédiate de l’Écriture par des méthodes résolument synchroniques, peut relever d’une certaine paresse, paresse que cet essai tente de surmonter, à ses risques et périls. Comme tout auteur biblique ancien, Paul est mon frère que je dois faire revivre, même de manière subjective et risquée, par ma lecture historienne, puisque le chrétien qui signe cet essai vit sous le régime de l’histoire, l’histoire d’une Incarnation relayée par des témoins eux-mêmes historiques. En outre, selon le postulat de cet essai, il existe une continuité historique entre Paul, un pionnier, et les chrétiens d’aujourd’hui : celle de la mission et des missions de l’Église et des Églises. Il ne revient pas à l’auteur des pages qui vont suivre, un exégète, d’« instrumentaliser » les épîtres, en proposant des actualisations pastorales qui, aussitôt émises, se verraient démenties par l’aventure, toujours en marche, de l’Évangile. Il suffit qu’au service de cet Évangile, nous nous reconnaissions quelque complicité avec celui qui se prétendait « l’apôtre des nations » (Rm 11,13).

En effet, les serviteurs et les servantes de la Bonne Nouvelle, de quelque confession chrétienne qu’ils ou elles relèvent, se réclament de Paul et inspirent forcément l’exégète. Ce dernier, qu’il l’accepte ou s’en défende – à moins de vivre sur une autre planète –, est forcément témoin et dépendant de l’effet produit au long des âges par l’expérience paulinienne, sans cesse à réévaluer comme un des fondements privilégiés d’une théologie de la mission.

Sur ce dernier point, nous prenons nettement position. Le titre de « Paul pasteur » – mais quel sens donne-t-on à ce vocable ? – semble inexact pour un « apôtre » qui ne fut jamais le pasteur, le pope ou le curé à domicile de quelque communauté que ce soit et ne rêvait rien d’autre chose que d’aller au-delà des Églises déjà fondées par lui (cf. 2 Co 10,15-16 ; Rm 15,23-24). Les lettres de Paul constituent un feed-back à chaud de l’évangélisation, en un dialogue prolongeant l’annonce première de la Bonne Nouvelle. Peut-être alors, au long des pages qui suivent, s’étonnera-t-on de rencontrer quelques références exégétiques remontant aux années 1950. Ces rappels, du point de vue missiologique, nous ont paru un utile devoir de mémoire.

TABLE

Introduction : « Un autoportrait » ? (9)

I. Paul, un apôtre ? (17)

Qu’est-ce qu’un apôtre ? (17)

Avant Paul (20)

Paul et l’apostolat (23)

Après Paul (26)

Une tension (28)

Une vocation prophétique (29)

Vocation ou conversion ? (30)

Un projet géographique ? (33)

Paul et la figure du Serviteur (35)

Paul et la figure de Jérémie (43)

« Apôtre des nations » (48)

II. Du ministère d’une Alliance nouvelle (2 Co 3,6) au ministère de la réconciliation (2 Co 5,14-21) (55)

La communauté de Corinthe, lettre du Christ (56)

Un commentaire (57)

L’Alliance nouvelle dans le judaïsme ancien (65)

L’Ancien Testament (65)

Les relectures juives anciennes (67)

Retour à 2 Corinthiens 3 (70)

Alliance et restauration de l’Alliance : Exode 32 – 34 (71)

Une communauté de l’Alliance nouvelle (73)

La logique paulinienne (73)

La première allusion de Paul à l’Alliance nouvelle (74)

L’Esprit, loi de l’Alliance nouvelle (76)

La dynamique de l’amour (76)

La logique paulinienne de l’Alliance nouvelle (78)

Le ministère de la réconciliation (79)

Analyse (82)

La « réconciliation » (katallagè) (92)

III. Paul, père et mère (97)

L’arrière-fond culturel des métaphores parentales (97)

Les sources des métaphores de 1 Thessaloniciens 2,7 b (99)

Le père et les pédagogues (1 Co 4,14-17) (102)

Le père de la fiancée (2 Co 11,1-15) (107)

L’enfantement dans la douleur (Ga 4,19) (115)

L’engendrement dans la vieillesse (Phm 8-10) (117)

La profondeur d’une métaphore (119)

IV. La parole de la croix (123)

Un jeu d’antithèses (124)

Le trésor et les vases d’argile (2 Co 4,7 – 5,10) (127)

Une lecture d’ensemble (129)

Éléments d’analyse (130)

La parole et l’écrit, la présence et l’absence : une relecture (141)

Une approche « médiatique » (142)

L’Évangile, parole « médiatique » ? (143)

L’épître, gel de la parole ? (145)

« Une lettre ne rougit pas » (Cicéron) (146)

La Croix, présence de Dieu dans l’absence (149)

Paul après Paul : remakes et images virtuelles (150)

Au service du Crucifié (151)

Conclusion (153)

V. Apostolat et langage cultuel (155)

Le culte juif aux abords de notre ère (155)

Holocaustes et sacrifices de communion (156)

Diffusion métaphorique du vocabulaire cultuel (158)

Conclusion (161)

Le culte chrétien (162)

Le culte apostolique (167)

Paul « répandu en libation » (Ph 2,17) (167)

La bonne odeur du Christ (2 Co 2,14-17) (171)

Paul et le culte « en esprit » (Rm 1,9) (176)

Paul, « liturge du Christ Jésus » (Rm 15,16) (180)

Transferts (186)

VI. Paul et l’argent (191)

Paul, Céphas et les autres apôtres (1 Co 9) (192)

L’Instruction missionnaire de Jésus (197)

Les choix de Paul (202)

Le métier de Paul (203)

Indépendance financière… (207)

… et dépendance financière (210)

La collecte (213)

Une ou plusieurs collectes ? (214)

La collecte paulinienne : réussite ou échec ? (217)

Le sens de la collecte (221)

Semer et moissonner (228)

Bilan (233)

VII. Les adversaires visibles et invisibles (235)

Des adversaires en chair et en os (2 Corinthiens) (237)

Caractéristiques des rivaux de Paul (240)

Vers une solution éclectique (246)

Des forces hostiles (250)

« L’écharde pour la chair » (2 Co 12,7) (251)

Quel satan ? (254)

Théologie, anthropologie et cosmologie (256)

Conclusion (259)

VIII. Paul et le combat de la prière (263)

La prière paulinienne (264)

Une dynamique de la prière (265)

Caractéristiques de la prière de Paul (268)

Une bénédiction (2 Corinthiens 1,3-11) (280)

Une lecture d’ensemble (282)

Analyse (284)

Bilan (296)

Conclusion (299)

Liste des abréviations (305)

Index des références citées (307)


[1] Cf. O. FLICHY, La Figure de Paul dans les Actes des Apôtres : un phénomène de réception de la tradition paulinienne à la fin du premier siècle, Paris, 2007.

[2] Sur l’iconographie paulinienne, voir F. BOESPFLUG, « La conversion de Paul dans l’art médiéval », in J. SCHLOSSER (dir.), Paul de Tarse (LeDiv 165), Paris, 1996, p. 147-168. Ajoutons ce portrait dans les Actes de Paul 3,3 (vers l’an 150 ?) qui eut son succès dans les représentations ultérieures, même s’il s’agit, en fait, du portrait d’un général romain : « [Onésiphore] vit venir Paul, un homme de petite taille, à la tête dégarnie, aux jambes arquées, vigoureux, aux sourcils joints, au nez légèrement aquilin, plein de grâce ; en effet, tantôt il apparaissait tel un homme, tantôt il avait le visage d’un ange » (trad. in F. BOVON et al. (dir.), Écrits apocryphes chrétiens (La Pléiade), Paris, 1997, p. 1129 s.).

[3] « Aucun autre livre de la Bible, sauf peut-être celui de Jérémie, ne permet à ce point d’entrer dans la subjectivité d’un serviteur de la Parole », L. LEGRAND, Le Dieu qui vient. La mission dans la Bible, Paris, 1988, p. 154.

[4] À propos des lettres de Paul, J. D. G. DUNN évoque « their self-revelatory character », The Theology of Paul the Apostle, Édimbourg, 1998, p. 11.

[5] Sur ce point, voir les mises au point de G. BARBAGLIO, « Les lettres de Paul : contexte de création et modalité de communication de sa théologie », in A. DETTWILER et al. (dir)., Paul, une théologie en construction, Genève, 2004, p. 67-103.

[6] D. MARGUERAT, « Introduction », Paul, une théologie en construction…, p. 9. Voir aussi, p. 25-44, M. QUESNEL, « État de la recherche sur Paul : questions en débat et enjeux sous-jacents ».

[7] S. LÉGASSE, Paul Apôtre. Essai de biographie critique, Paris-Montréal, 1991. Cf. aussi G. LÜDEMANN, Paulus, der Heidenapostel, vol. 1 : Studien zur Chronologie, Göttingen, 1980.

[8] M.-F. BASLEZ, Saint Paul, artisan d’un monde chrétien, Paris, 2008.

[9] J. BECKER, Paul. L’Apôtre des nations, Paris/Montréal, 1995.

[10] Ce sont, selon l’ordre, non chronologique, des bibles imprimées, sept épîtres : Rm, 1 & 2 Co, Ga, Ph, 1 Th, Phm.

[11] Voir M. QUESNEL, « Le deutéro-paulinisme », in A. CHEHWAN et A. KASSIS (éd.), Études bibliques et Proche-Orient ancien. Mélanges P. Feghali, Beyrouth, 2000, p. 209-225.

[12] À propos de cette épître, M. BOUTTIER émet la boutade suivante : « Un humoriste peut avancer […] que le texte ne s’adresse pas aux Éphésiens, absents des plus anciens manuscrits, qu’il n’est pas de Paul et enfin qu’il ne s’agit pas d’une épître » (L’épître de saint Paul aux Éphésiens, Genève, 1991, p. 20 s.).

[13] Ce domaine, l’éthique paulinienne, n’est plus l’apanage des seuls chrétiens. Cf.D.BOYARIN, Paul and the Politics of Identity, Berkeley, 1994 ; A. BADIOU, Saint Paul, la fondation de l’universalisme, Paris, 1998. Sur ce type de travaux, voir les réflexions de M. QUESNEL, Paul et les commencements du christianisme, Paris, 2001, p. 8 s.

[14] Dans le lectionnaire des dimanches et fêtes du Rite romain, on trouve 31 lectures tirées de 1 Co, et 11 tirées de 2 Co.

[15] Notons cependant un paradoxe rhétorique. En 1 Co, Paul se désigne dix fois comme apôtre ou faisant partie des apôtres. En 2 Co, il ne se présente que deux fois comme tel. Les autres emplois, en dehors d’un sens particulier (« les délégués des Églises », 8,23), renvoient aux adversaires de Paul, « les super-apôtres » (11,5 ; 12,11), « pseudo-apôtres » qui se déguisent en « apôtres du Christ » (11,13).

[16] J. D. G. DUNN, op. cit., p. 24.


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