Dernière mise à jour : 16 juillet 2006
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Faculté de Théologie de l'Institut Catholique de Paris

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Livres récents en liturgie

La Maison-Dieu

Revue trimestrielle du Centre National de Pastorale Liturgique

La Maison-Dieu est une revue d’études de la liturgie et des sacrements. Elle a été fondée par le Centre de pastorale liturgique en 1945. Elle était à ses débuts l’organe des promoteurs du Mouvement liturgique français ; la liste des « principaux collaborateurs » comportait les noms de B. Botte, L. Bouyer, Y. Congar, J. Daniélou, J. Gelineau… Après le concile, elle a consacré ses efforts à présenter la réforme, ses tenants et aboutissants, et les nouveaux livres liturgiques. Elle s’est ouverte aussi aux sciences humaines. Son objectif actuel consiste à approfondir la théologie de la liturgie et des sacrements, à la fois pour en éclairer l’intelligence et pour contribuer à des célébrations plus signifiantes.

Nous remercions La Maison-Dieu, et tout particulièrement Paul De Clerck, son directeur, de nous permettre de diffuser en ligne ces recensions de livres récents en liturgie.

  • Gerhards, Albert - Odenthal, Andreas, éd., Kölnische Liturgie und ihre Geschichte. Studien zur interdisziplinären Erforschung des Gottesdienstes im Erzbistum Köln, Münster, Aschendorff, ib. 87, 2000, 325 p.
  • TAFT, Robert F. & WINKLER, Gabriele, éd., Comparative Liturgy Fifty Years after Anton Baumstark (1872-1948). Acts of the International Congress, (Rome, 25-29 September 1998), Rome, Pontificio Istituto Orientale, coll. « Orientalia christiana analecta » 265, 2001, 1020 p.
  • Liturgia e scienze umane. Itinerari di ricerca. Atti della XXIX Settimana di studio dell’Associazione Professori di liturgia, Roma, Ed. Liturgiche, coll. « Bibliotheca Ephemerides Liturgicae - Subsidia » 121, 2002, 350 p.
  • CHAUVET, Louis-Marie, dir., Le sacrement de mariage entre hier et demain, Paris, éd. de l’Atelier, coll. « Vivre, croire, célébrer », série « Recherches », 2003, 332 p.
  • ROBERT, Philippe, Joseph Gelineau, pionnier du chant liturgique français, Turnhout, Brepols, collection « Mysteria » 4, 2004, 282 p.
  • HALA, Patrick, La spiritualité de l’Avent à travers les collectes, Solesmes, Éditions de Solesmes, 2004, 168 p.
  • KASPER, Cardinal Walter, Sacrement de l’unité. Eucharistie et Église, Paris, Editions du Cerf, 2005, 157 p.
  • BOSELLI, Goffredo (a cura di), L’Altare, mistero di presenza, opera dell’arte. Atti del II Convegno liturgico internazionale, Bose, 31/10-2/11 2003, Bose, Editions Quiqajon, 2005, 256 p.

GERHARDS Albert - ODENTHAL, Andreas, éd., Kölnische Liturgie und ihre Geschichte. Studien zur interdisziplinären Erforschung des Gottesdienstes im Erzbistum Köln, Münster, Aschendorff, ib. 87, 2000, 325 p.

« Le paradigme du travail historique se modifie. Ce n’est plus le paradigme d’une liturgie romaine monolithique et idéale, dont les ‘dialectes’ ne servaient qu’à la reconstruction de l’original et valaient comme ‘curiosité de l’histoire’… En leur riche palette, les particularités locales comportent une grande valeur théologique, historique et culturelle, et deviennent donc un objet de recherche interdisciplinaire de véritable intérêt ».

Ces lignes sont extraites de l’article de A. Gerhards consacré à l’histoire de la liturgie du diocèse de Cologne. L’auteur, professeur à Bonn, met en relief les accents nouveaux de l’ecclésiologie de Vatican II, sur lequel il fonde l’intérêt renouvelé pour l’histoire des liturgies locales.

Le livre rassemble les Actes du colloque réuni du 1er au 3 mai 1998 à l’occasion d’un jubilé de la cathédrale. La caractéristique du livre est d’élargir le regard au-delà des seuls textes liturgiques, pour étudier aussi les lieux où se déroulaient ces liturgies (plusieurs planches), les vêtements et les objets (id.), le chant, les dévotions, et même le développement des cultes protestants.

L’ouvrage comporte ainsi cinq sections : la première offre une présentation de type systématique de la liturgie de Cologne ; la deuxième est consacrée aux lieux, en une approche d’histoire de l’art ; la troisième aux livres et aux objets cultuels ; la quatrième à la piété populaire ; la dernière à des séquences propres, et à l’Initiation chrétienne protestante, selon un document de 1541.

Il faut féliciter nos collègues allemands pour leur productivité, ainsi que pour le renouvellement des perspectives de recherche qu’ils nous présentent.

(Paul DE CLERCK)

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TAFT, Robert F. & WINKLER, Gabriele, éd., Comparative Liturgy Fifty Years after Anton Baumstark (1872-1948). Acts of the International Congress, (Rome, 25-29 September 1998), Rome, Pontificio Istituto Orientale, coll. « Orientalia christiana analecta » 265, 2001, 1020 p.

R. Taft (Rome) et G. Winkler (Tübingen), initiateurs du congrès tenu à l’occasion du 50e anniversaire de la mort d’A. Baumstark, en publient ici les actes. Ils sont d’une qualité très supérieure à la plupart des ouvrages de ce genre. Cela tient au choix opéré par les organisateurs, et à la nature de ce congrès, entièrement centré sur un homme et sa méthode.

Ce gros volume contient 6 parties. Après une substantielle introduction sur les répercussions du travail de Baumstark, due aux deux éditeurs, on trouve sa bibliographie (570 titres !), complétée par une liste de manuscrits inédits présentés par son petit-fils (p.106 ss). Le Père Lanne raconte les circonstances dans lesquelles Baumstark prononça ses conférences sur la liturgie comparée au monastère d’Amay-sur-Meuse, en 1932. L’aspect biographique du volume est complété par F. West, auteur d’une thèse sur le savant allemand.

De cet ensemble impressionnant, on retiendra d’abord la leçon de méthode présentée par R. Taft ; fort de 40 ans de travail dans l’esprit de Baumstark, il donne son appréciation sur les dix lois énoncées par ce dernier, et les complète par huit autres, avant d’offrir des réflexions nourries sur la méthode comparative elle-même.

Trois auteurs font également le point sur la Tradition apostolique. Chr. Markschies (Heidelberg) dresse l’état de la question, en concluant que ce document, « pris en lui-même, doit être éliminé pour fonder une argumentation historique ou théologique » sur le 3e siècle. M. Metzger propose pour ces documents l’appellation de ‘recueils de traditions apostoliques’, et P. Bradshaw énonce les difficultés de la nouvelle édition qu’il a entreprise.

L’ouvrage contient plusieurs articles de premier rang sur la prière eucharistique. G. Winkler présente la seconde partie de sa contribution à l’étude des anaphores orientales en liturgie comparée ; E. Mazza consacre un long article à la technique de construction par l’usage de ‘la source de la source’ ; et deux interventions sont consacrées aux intercessions anaphoriques (Feulner et Renhart).

En conclusion, on ne peut que constater la fécondité de la méthode préconisée par Baumstark, qui se trouve ici affinée. Elle a produit, et suscite encore aujourd’hui des travaux strictement scientifiques, à orientation philologique, qui ne manquent pas de féconder les recherches des liturgistes qui orientent leur travail dans une autre direction.

(Paul De Clerck)

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Liturgia e scienze umane. Itinerari di ricerca. Atti della XXIX Settimana di studio dell’Associazione Professori di liturgia, Roma, Ed. Liturgiche, coll. « Bibliotheca Ephemerides Liturgicae - Subsidia » 121, 2002, 350 p.

Autant le dire tout de suite : le principal intérêt de ce livre est qu’il y soit à la fois question de Husserl et de Vatican II. De ce que la liturgie est affaire d’homme, de ce qu’il soit question de l’homme ailleurs qu’à propos de la liturgie, de ce qu’il soit sage enfin, afin d’entendre quelque chose à la liturgie, de prêter l’oreille à ce qu’il est dit de l’homme hors du champ liturgique, nul ne doutera.

Les auteurs de ce volume n’en ont pas douté, qui proposent tous un parcours en zigzag du théologique à l’extra-théologique, et retour, d’une manière qui suffit à montrer que le travail interdisciplinaire n’est pas facultatif mais vital pour le liturgiste.

Ces présuppositions sont articulées dans la copieuse introduction de L. Girardi (9-56).

Elles sont ensuite appliquées par A. M. Calapaj Burlini à un dialogue entre l’historiographie contemporaine et l’histoire de la liturgie (57-83) : comment écrire l’histoire de la liturgie après les Annales, ou après l’histoire des mentalités, ou après la conceptualisation du « temps long » par Braudel. La contribution met clairement en lumière ce qu’une histoire de la liturgie, dans le champ général des histoires, est tenue de faire et peut faire.

La contribution d’A. Grillo (« Aspects de la recherche philosophique et agir liturgique », 85-120) a bien raison de débuter en signalant que la philosophie n’est pas une « science humaine », mais tout aussi raison de fournir un riche panorama des rencontres récentes (ou des rencontres possibles) entre philosophie et liturgie.

Morceau de choix pour le présent recenseur, la contribution de A.N. Terrin (« Pour un rapport authentique entre phénoménologie et théologie/liturgie », 121-154) est aussi appétissante que nourrissante. Deux petites critiques : d’une part, l’auteur a une idée un peu floue de la ou des phénoménologies, et l’on ne sait pas toujours à qui il parle ; d¹autre part, enrôler sous la bannière phénoménologique le néo-kantien R. Otto est un peu surprenant. De claires et intelligentes pages sur Husserl forment l’essentiel du texte. Mais Heidegger a droit de cité, comme Gadamer, comme d’autres.

Leroi-Gourhan, Durkheim, Turner, Geertz, c’est en débat avec anthropologies et théories du culte que C. Prandi (« Liturgie et cultures : perspectives historiques et anthropologiques », 155-171) interprète les demandes et propositions de Dei Verbum.

E. Bettinelli et G. Della Longa nous offrent ensuite ce qui s’annonce comme un plaisant divertissement (« Célébrer avec la lumière », 173-196) et tourne vite à la mine d’idées à l’intention des praticiens de la liturgie : la lumière tient un rôle assez grand dans la symbolique chrétienne pour qu’il ne soit pas sans importance de s’intéresser à l’usage que nous faisons des lumières dans nos églises.

R. Tagliaferri fournit ensuite un programme (La via pulchritudinis dans la recherche liturgique et la pratique liturgique 197-252). Otto, Guardini, Casel, Balthasar illustrent la convocation des affects par la liturgie. Une seconde étape conduit à la « post-modernité » et à sa perception ambiguë de l’art et du rite. « Esthétique du rite et théologie » compare finement le jeu rituel et les gestes liturgiques. L’auteur trouve enfin (« esthétique rituelle et expérience kénotique de la foi ») un centre herméneutique là où il ne pouvait pas manquer de le trouver, la croix du Christ ; malgré toute via pulchritudinis, « même le beau doit mourir ». Et il en tire les conclusions pour toute pratique de la liturgie respectueuse du bon sens philosophique et de la précision théologique.

Parlant de « sociologie et pratique liturgique », I. De Sandre (252-266) procède à une intelligente captatio benevolentiae en intitulant son premier paragraphe « une discipline qui ne bénéficie pas de grandes sympathies ». Il tente ensuite d’opérer un passage, de la sociologie religieuse (des années 60) à ce qu¹il appelle « l’analyse de l’agir religieux. » Même si la bénédiction d’Habermas est demandée au passage, il est probable que la sociologie du XXIe siècle commençant ne peut dire mieux que ne dit De Sandre.

Après la sociologie apparaît la psychologie, dans une longue contribution (266-317) de G. Sovernigo. L’auteur a le bon goût de centrer la recherche sur le rite et l’agir symbolique, sur leur logique propre, enfin sur le pouvoir de structuration qu’ils peuvent exercer sur la psychè. La suite de l’article s’occupe de monnayer des thèses fondamentales dans l’analyse d’une multitude de problèmes liturgiques-cultuels. Chacun y trouvera son bien.

Le recueil se clôt enfin (319-345) par un retour à la problématique introductive de L. Girardi, et inscrit les travaux liturgiques récents dans la postérité de Sacrosanctum Concilium.

Terminons notre parcours de ce précieux ouvrage par un ronchonnement : les éditeurs n’ont pas pris la peine de nous fournir un index nominum, malgré l’annotation foisonnante du volume. Ce n’est pas bien !

(Jean-Yves LACOSTE)

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CHAUVET, Louis-Marie, dir., Le sacrement de mariage entre hier et demain, Paris, éd. de l’Atelier, coll. « Vivre, croire, célébrer », série « Recherches », 2003, 332 p.

Au milieu de l’ébullition actuelle des réflexions et initiatives diocésaines portant sur le sacrement de mariage, et en particulier sur les difficultés qu’il engendre, Le sacrement de mariage entre hier et demain est un ouvrage fort bienvenu. Mis en œuvre sous la direction de Louis-Marie Chauvet, avec la contribution de seize autres auteurs, il se compose de trois parties, dont chacune comporte six ou sept articles abordant le thème d’un point de vue particulier.

Ainsi, dans la première partie [1], intitulée Perplexités, les auteurs cherchent à prendre la mesure de l’évolution contemporaine du mariage et à caractériser les « malaises » que provoque la distance ressentie entre cette évolution et le contenu du mariage sacramentel. Il est intéressant de savoir que nos frères réformés connaissent les mêmes difficultés, qu’ils abordent toutefois avec leur propre tradition théologique. Deux articles font le point sur les dispositions canoniques relatives au sacrement de mariage.

La deuxième partie [2], Ressources, fait l’inventaire de tout ce qu’offre la tradition ancienne et récente de l’Église sur le sacrement de mariage, pour éviter de demeurer bloqué sur les impasses relevées dans la première partie : philosophe, exégète, liturgiste, historien et théologien sont ainsi convoqués pour une recherche et une meilleure connaissance des « ressources » que recèle le mariage sacramentel, et que l’on ne soupçonne pas toujours. Leur contribution est précieuse, car elle montre bien les incertitudes et les développements d’une pensée sur le mariage qui ne s’est jamais considérée comme achevée. En outre, elle met en lumière des atouts peut-être sous-exploités jusqu’à aujourd’hui, mais susceptibles de se développer davantage, comme le laissent supposer par exemple la récente introduction d’épiclèses dans le rituel du mariage (1991), ou la perception contemporaine du mariage comme « vocation ».

Dans cette seconde partie sont posés des repères que la troisième [3], intitulée Perspectives, développe d’un « point de vue… résolument pastoral ». L’orientation sous-jacente pourrait se résumer ainsi : compte tenu des richesses du mariage chrétien, d’une part, et des attentes et particularités de nos contemporains, d’autre part, quelle Bonne Nouvelle annoncer aux couples d’aujourd’hui (et de demain), et de quelle façon ?

Sans prétendre résoudre toutes les difficultés relevées comme autant de « perplexités », et sans vouloir donner de recettes pastorales qui n’existent pas, il s’agit ici d’exploiter concrètement les pistes ouvertes dans la seconde partie et d’analyser celles qui sont déjà mises en œuvre, principalement dans deux lieux pastoraux : la préparation au mariage des jeunes couples, et les divorcés remariés.

Si la lecture de certains articles sera facilitée par un minimum de connaissances théologiques, l’ensemble de l’ouvrage ne comporte pas d’obstacle à la compréhension. On ne peut donc que le recommander à toute personne préoccupée ou simplement intéressée par les questions de pastorale familiale, d’autant plus que désormais, tout un chacun se trouve confronté à quelque niveau que ce soit aux questions qu’il soulève. À plus forte raison, les équipes paroissiales ou diocésaines directement concernées auraient intérêt et grand profit à approfondir l’un ou l’autre article, sinon l’ensemble, en fonction de leurs préoccupations et de leurs tâches. Les solutions d’urgence étant rarement satisfaisantes, ce travail, qui est déjà le résultat d’une fructueuse collaboration pluridisciplinaire, contribuera sans aucun doute à clarifier sereinement les situations concrètes, et à favoriser ou poursuivre une recherche qui nécessite connaissances, réflexion, maturation, bienveillance et intelligence pastorale.

(Hélène BRICOUT)

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ROBERT, Philippe, Joseph Gelineau, pionnier du chant liturgique français, Turnhout, Brepols, collection « Mysteria » 4, 2004, 282 p.

L’objectif de Philippe Robert est de présenter l’œuvre de musique liturgique du Père Gelineau. C’est pourquoi, n’ayant consacré que trente pages à décrire les étapes de sa vie, il s’empresse de nous présenter le compositeur. Il cite les pages où le musicien explique pourquoi, dans un contexte marqué par Debussy, Ravel, Messiaen, ainsi que par la musique sérielle ou concrète, il a fait le choix de la musique modale. Puis il raconte - et fait raconter au P. Gelineau - la grande étape de la diffusion des psaumes chantés en français dont les premiers enregistrements, en 1953, l’ont fait connaître. Ensuite, en décrivant comment le P. Gelineau a travaillé les formes musicales qui conviennent à la liturgie, Ph. Robert fait réfléchir à la question suivante : quel est le chant qui convient à la liturgie catholique ?

Les membres des équipes liturgiques, mais avant eux les auteurs de textes, les compositeurs de musique et… les commerciaux ( ! ) prétendent avoir une réponse simple à cette question. En interrogeant toute la production du P. Gelineau, Philippe Robert montre que la réponse est complexe. Elle doit tenir compte des formes éprouvées dans les diverses traditions, de la théologie, de l’étude historique des rites dont chacun demande une forme de chant particulière, de l’aptitude des assemblées, du service de la Parole de Dieu (les psaumes de la messe et de la liturgie des Heures) et de celle des poètes (« ma passion, c’est d’écrire sur des mots » (p. 42), etc… Le livre montre que le P. Gelineau ne s’est pas mis à composer sans avoir étudié à fond toutes ces disciplines, et qu’il n’a édité que ce qu’il a testé longuement, d’abord à l’église Saint Ignace (où il disposait de moyens très au-dessus de la moyenne) puis surtout à Ecuelles « dans une situation de grande pauvreté… sans accompagnement musical… conditions d’une prière liturgique communautaire avec des moyens très simples » (page 36). Le Père Gelineau apparaît comme un artisan humble qui, loin des modes et des idéologies, remet sans cesse son ouvrage sur le métier, cherchant le meilleur lien entre le texte, la musique et le rite.

Ph. Robert prend l’une après l’autre toutes les formes de chants dont la liturgie a besoin (le psaume, le tropaire - que le P. Gelineau fait redécouvrir - l’hymne, le récitatif, l’acclamation, les chants de l’ordinaire de la messe, sans oublier ceux de la catéchèse.) Citant les livres du P. Gelineau et ses articles dans Église qui chante, La Maison Dieu, Communautés et liturgies, Voix Nouvelles, Catéchèse…, il montre sur quelles recherches théologiques, historiques et rituelles le compositeur s’est appuyé. Enfin, il cite ses œuvres et analyse les plus représentatives.

Le travail n’est pas fini. Au problème de l’inculturation reste joint celui de la ritualité. Les créateurs ont à se souvenir que « à chaque fois qu’il y a chant, la racine du sens ne vient pas d’abord de la musique, mais de l’action rituelle en cours » (p. 230).

(Louis GROSLAMBERT)

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HALA, Patrick, La spiritualité de l’Avent à travers les collectes, Solesmes, Éditions de Solesmes, 2004, 168 p.

Après le commentaire des collectes du Temps ordinaire, paru en 2002 sous le titre Habeamus gratiam, aux Éditions de Solesmes, le Père Patrick Hala ouvre un nouveau parcours liturgique et spirituel avec, cette fois-ci, un commentaire des collectes de l’Avent. Rompu à l’exercice, l’auteur maîtrise bien la formule, comme il l’a déjà montré dans le précédent volume. Les oraisons, du premier au dernier jour de l’Avent, sont présentées selon le même procédé : le texte latin, la traduction du Missel, un commentaire, la traduction de l’auteur, les sources et autres indications [liens avec les lectures, avec la tradition anglicane, (p. 46), éléments d’histoire, (p. 119).]

Que le titre du recueil contienne le mot « spiritualité » n’étonnera personne. De la première à la dernière page, l’ouvrage abonde en citations et références aux Pères, depuis Ambroise jusqu’à Jean-Paul II, sans oublier Bernard de Clairvaux. Quelques grands liturgistes y apparaissent en bonne place, à commencer par Dom Guéranger dont l’auteur est un fidèle disciple, mais aussi Bernard Capelle et André Rose. Baudelaire, qui n’a rien d’un liturgiste, a même réussi à s’y glisser (p. 41) !

Les références constantes à l’Écriture et les rapprochements fréquents avec les lectures offrent un intéressant soubassement biblique aux prières commentées. De même, les liens établis avec d’autres oraisons (ou d’autres éléments de la liturgie, cf p. 17) donnent une vision cohérente et élargie de la prière de ce temps liturgique particulier et typé. L’auteur sait aussi donner son point de vue sur le travail réalisé par la commission de révision (cf p. 20 et p. 86, les sources). Les indications techniques intéresseront l’historien comme le liturgiste, sans gêner le lecteur ordinaire qui trouvera sa nourriture dans les thèmes mis en relief par telle ou telle collecte : la course vers le Seigneur, (p. 15-18) ; l’attente, (p. 22-27 et p. 79-81) ; tristesse et joie, (p. 106-108) ; la Vierge Marie, à partir du 17 décembre…

Au terme de la lecture, chacun se réjouira d’« avoir médité l’ensemble des collectes que la liturgie propose » (p.156) et d’avoir été véritablement conduit au cœur de La spiritualité de l’Avent à travers les collectes. Avec ce livre, chacun aura conscience de compulser non seulement un ouvrage riche de spiritualité, mais aussi un petit joyau de la liturgie. Le commentaire des oraisons, accompagné de notes abondantes et fouillées, révèle un travail précis et savant. Ce commentaire est d’ailleurs précédé d’un avant-propos qui, avec ses généralités et ses éléments d’histoire précieux, fournit de bons repères pour aborder la suite. Seules quelques initiales de références dans les notes, non reprises dans la bibliographie, laisseront les non-initiés avec une interrogation.

Ce recueil offre en quelque sorte une lectio divina continue à partir des collectes qui peuvent inspirer et alimenter une vie chrétienne et liturgique tout au long de l’Avent.

(Fr. Jean-Marc CHÉNÉ)

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KASPER, Cardinal Walter, Sacrement de l’unité. Eucharistie et Église, Paris, Éditions du Cerf, 2005, 157 p.

« Le principe Ubi eucharistia, ibi ecclesia est devenu le point de départ fondamental de l’ecclésiologie eucharistique récente » (p 143). On pourrait résumer par cette phrase le livre du cardinal Kasper, ancien évêque de Rottenburg-Stuttgart, aujourd’hui président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens. Il a rassemblé dans ce livre six textes qui traitent de l’eucharistie en général, de son rapport à l’unité de l’Église en particulier.

Le premier reprend une lettre à ses diocésains où il envisage des questions très concrètes de la célébration eucharistique, notamment de ses ministres prêtres et de leurs collaborateurs. Suivent deux textes plus brefs, sortes de méditation sur deux grands textes eucharistiques : les pèlerins d’Emmaüs et le chapitre 6 de Jean.

Le chapitre 4, intitulé Œcuménisme de la vie et communion dans l’eucharistie, dévoile sa conception fondamentale du mouvement vers l’unité : « L’œcuménisme est un processus de croissance de la vie. Le pape décrit l’œcuménisme comme un échange de dons (Ut unum sint, 28, 57) » (p. 66). Il ose cette formule : « On ne peut s’empêcher d’avoir l’impression que dans l’Église actuelle il y a trop de papier imprimé. Le jour de la Pentecôte, l’Esprit Saint n’est pas venu sous la forme de papier mais sous la forme de langues de feu, et le feu, heureusement, brûle le papier inutile. » (p. 73)

Les chapitres 5, Sacrement de l’unité. Diversité des aspects et 6, L’eucharistie, sacrement de l’unité, constituent les éléments les plus substantiels du livre.

Le premier reprend un texte des années 80, article typique d’un théologien allemand de l’époque, retrouvant les dimensions essentielles de l’eucharistie par l’exégèse, mais pas encore par l’étude des sources juives et la centralité de la prière eucharistique.

Le chapitre 6, de 20 ans ultérieur, affirme avec force les liens entre eucharistie et unité ; il décrit les exigences les plus concrètes de toute célébration, sous ce rapport (p. 145). Il esquisse aussi les contours de l’avenir, même si on n’en connaît pas la maquette (p. 76.) « Il s’agira d’une unité dans une grande diversité…forme quasi sacramentelle de la sagesse multiforme de Dieu (Eph 3, 10) et icône de l’unique Dieu en trois personnes » (p. 152-153.) Un livre très bienvenu à l’approche du synode sur l’eucharistie.

(Paul DE CLERCK)

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BOSELLI, Goffredo (a cura di), L’Altare, mistero di presenza, opera dell’arte. Atti del II Convegno liturgico internazionale, Bose, 31/10-2/11 2003, Bose, Editions Quiqajon, 2005, 256 p.

Les actes du IIe colloque liturgique international de Bose rassemblent, sous la direction de Goffredo Boselli, moine de la communauté, l’ensemble des communications de la rencontre qui s’est déroulée à la Toussaint 2003. Celle-ci, organisée par la Communauté et l’Office national des biens culturels de la Conférence épiscopale d’Italie a rassemblé, outre des liturgistes de divers pays, des directeurs diocésains de l’Office des biens culturels et une centaine d’architectes italiens. L’intérêt principal du livre est d’enrichir la réflexion sur l’autel en multipliant les angles de vue.

Ainsi, même si l’objectif était de comprendre le renouvellement de la question depuis les adaptations liturgiques réalisées à la suite des dispositions conciliaires, les organisateurs du colloque avaient su donner une dimension historique à leur sujet. Dans un beau dialogue, Enrico Mazza (Milan) et Panayota Volti (Paris) démontrent la diversité originelle de l’autel, dès le premier millénaire, tant théologiquement (l’autel est tantôt table, tantôt tombeau) que culturellement, les formes variant en fonction de la géographie et de l’histoire du christianisme.

Par ailleurs, la nature œcuménique de la communauté de Bose donne lieu à une ouverture stimulante. La lecture croisée des exemples catholiques dans différents pays d’Europe continentale et des exemples anglicans britanniques rappelle l’intérêt commun pour l’autel, mais souligne aussi les divergences qui tiennent autant sinon plus aux cultures nationales qu’aux appartenances confessionnelles.

Le regard est aussi enrichi par la diversité des prismes utilisés pour définir l’autel : artistique par Frédéric Debuyst (monastère de Clerlande, Belgique), esthétique par Glauco Gresleri (Bologne), poétique (Jean-Yves Hameline, Paris), mais aussi liturgique (Paul De Clerck, Paris), théologique (Albert Gerhards, Bonn) ou pastoral (Klemens Richter, Münster ou Reinhard Messner, Innsbruck). Ces différentes définitions semblent servir de base aux exemples choisis parmi les meilleures réalisations d’autels de ces quarante dernières années en Europe Occidentale.

Outre la qualité des illustrations, ces actes de colloque constituent un ouvrage d’un grand intérêt, et on ne peut qu’attendre avec impatience la publication des communications du IIIe colloque liturgique international de Bose qui s’est tenu en juin 2005 et qui portait cette fois sur l’ambon.

(Anne DA ROCHA CARNEIRO)

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[1] L.-M. Chauvet, « Le mariage, un défi », 15-26 ; P. Martinot-Lagarde, « Évolutions en cours entre le privé et le social », 27-37 ; M. Scouarnec, « Des pasteurs perplexes », 39-50 ; Ph. Bordeyne, « Est-il moral de proposer le mariage catholique ? », 51-66 ; E. Parmentier, « Perplexités des Églises de la Réforme », 67-76 ; Ph. Toxé, « Quand le mariage est-il sacramentel ? », 77-97 ; B. David, « Les déclarations de nullité de mariage », 99-105.

[2]G. Hébert, « Du corps à la chair », 109-128 ; R. Dupont-Roc, « Le couple humain, figure de l’Église, dans le projet créateur : étude d’Ephésiens 5, 21-33 », 129-139 ; P. De Clerck, « Ressources du nouveau rituel de 1991 : une théologie en voie de développement », 142-157 ; G. Mathon, « L’histoire du mariage sacramentel : questions et ressources », 159-184 ; X. Lacroix, « L’alliance conjugale, mystère caché et révélé », 185-199 ; Ch. Bonnet, « De l’amour créateur à l’amour sauveur », 201-218 ; A.-M. Pelletier, « Le mariage, une vocation ? », 219-232.

[3]L.-M. Chauvet, « Détendre la sacramentalité », 235-243 ; X. Durand, « Un chemin praticable : proposer le sacrement de mariage aujourd’hui », 245-259 ; G. de Lachaux, « Les divorcés remariés et l’Église : des pratiques pastorales qui se cherchent », 261-274 ; J.-Ch. Thomas, « Comment un évêque s’y est-il pris ? », 275-290 ; P. De Clerck, « La réconciliation des divorcés : vers une solution ? », 291-300 ; M. Scouarnec, « Nouvelles perspectives pastorales », 301-324.


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