Dernière mise à jour : 12 mars 2006
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Faculté de Théologie de l'Institut Catholique de Paris

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Présentation raisonnée de la bibliographie d’Yves Congar

Jean-Marie Vezin

Enseignant à l’Institut Catholique de Paris

Président du CETAD (Centre d’Études Théologiques à Distance)


Site web : CETAD

Bien que je ne sois nullement un spécialiste de bibliographie, il m’est demandé de faire « une présentation raisonnée de la bibliographie de Congar. » Disons d’entrée de jeu, la suite le montrera assez, qu’il ne peut s’agir ici que d’une « esquisse » ou seulement de « jalons pour… » Bibliogaphie de Congar ? L’expression peut prêter à confusion Elle peut, en effet, s’entendre de deux façons : soit ce qu’a publié Congar, ses publications, soit les auteurs auxquels il se réfère et la documentation qu’il a utilisée. Nous commencerons par le premier point.

Établir le catalogue des publications ainsi que des diverses éditions d’un auteur, c’est établir sa « bibliographie raisonnée. » Il en est de célèbres. [1] C’est de toute façon un outil indispensable pour les « chercheurs. » Existe-t-il une telle bibliographie pour les publications de Congar ? On peut répondre grosso modo « oui » ! En effet :

  • pour la période de 1924 (date de sa 1re publication) à 1967, on dispose de la bibliographie soigneusement établie par le P. Quattrocchi, avec le concours du P. Legrand et qui figure en annexe du précieux livre [2] du P. Jossua, Le Père Congar. La théologie au service du peuple de Dieu (Éd. du Cerf, Paris, 1967). Cette bibliographie recense 958 publications ;
  • pour la période de 1967 à 1987, le P. Aidan Nichols, dominicain américain, a effectué un travail similaire [3] en poursuivant la numérotation, de 959 à 1 790 titres. Cette bibliographie en anglais a été publiée dans la revue Angelicum N° 66 (1989).

Si les spécialistes trouvaient peut-être ici à redire, on peut admettre que l’on dispose effectivement d’un catalogue des publications de Congar qui comprend donc près de 1 800 titres ! Au petit jeu-concours du nombre de publications, parmi les contemporains de Congar, je ne vois, sauf erreur, que Karl Rahner qui puisse l’emporter, il est vrai de loin, puisque sa bibliographie, pour la seule période de 1924 à 1969, culminait déjà à 2 040 titres ! [4]

Pour ce qui est des publications recensées de Congar, nous sommes donc devant 1 790 titres, qui vont de l’article d’une demi-page à des livres de plus de 600 pages. Vous connaissez la boutade qui circulait au Concile, et que cite Famerée [5] : « Il n’est pas sûr que le Père Congar a lu tout ce qu’il a écrit. » Mais par ailleurs, Congar avouait : « J’en ai lu bien plus de dix fois plus »… dix fois plus, cela fait déjà 18 000 titres ! Arrêtons-nous un instant sur ce chiffre. Si on le rapporte à la période de 1924 à 1984, où se répartissent ses publications, soit soixante ans, cela représente, en effet, une moyenne de plus de 300 titres (livres et articles) lus par an. Chiffre nullement invraisemblable quand on sait quel travailleur infatigable était Congar qui rappelait, non sans fierté, que, tout au long de sa vie, il avait, autant que possible, observé la règle de son ordre qui prescrit de consacrer au moins la moitié de son temps au travail intellectuel.

Nous nous trouvons donc face à deux énormes masses : d’une part, ses écrits (1 790 titres recensés), et d’autre part, les livres et publications qu’il a utilisés, soit de l’ordre de 20 000 titres. Toute personne qui étudie Congar se trouve nécessairement confrontée à cette double masse : celle de ses écrits et celle qui, dans ses écrits, apparaît sous forme de bibliographies et de ces notes érudites qui parsèment ses bas de pages avec des références dans toutes les langues et notamment en allemand.

Bornons-nous, dans un premier temps, à ce qu’il a publié. On peut en prendre une vue tout à fait extérieure. De quoi ces 1790 publications sont-elles composées ? D’une série d’articles destinés tantôt à des revues savantes, tantôt au public chrétien, tantôt enfin au grand public ; et puis, outre ces articles, on recense une bonne cinquantaine de livres, soit rédigés pour eux-mêmes, soit rassemblant des articles dispersés dans de multiples revues. À quoi s’ajoute la participation de Congar à des livres collectifs. Mais ce genre d’approche ne peut aller au-delà de précisions statistiques.

On peut alors se demander pour qui écrit Congar et où il publie. Sur ce dernier point, l’examen de ses publications montre que jusqu’à la guerre de 39-45, il publie très majoritairement dans des revues ou publications dominicaines. Il élargira son champ après guerre et, passées de sombres années, devenu à partir du Concile un théologien internationalement reconnu, il publiera désormais un peu partout en France et à l’étranger tout en gardant une fidélité à des titres d’obédience dominicaine, comme la Revue des sciences philosophiques et théologiques, mais aussi des publications de moindre notoriété, comme par exemple Les Cahiers de saint Dominique.

Une présentation raisonnée

Mais de telles approches restent extérieures à l’œuvre. Aussi bien, après tâtonnements, je pense que pour une présentation de l’ensemble de l’œuvre, le plus simple est d’en croiser les principaux thèmes avec la vie et l’évolution du P. Congar. Au fond, c’est introduire des critères « raisonnés » face à une bibliographie purement descriptive, et peut-être en ce sens peut-on alors parler de « présentation raisonnée. » C’est cette méthode que nous appliquerons en nous limitant principalement aux livres [6] publiés par le P. Congar, mais il est clair que l’on pourrait étendre cette méthode à l’ensemble de ses publications, opération qui toutefois dépasserait le cadre de cet article.

Congar a publié plus de cinquante livres qui, comme chacun sait, s’articulent autour des thèmes de l’œcuménisme, de l’ecclésiologie, de la pneumatologie, de la théologie fondamentale … mais aussi de l’histoire, de questions pastorales ou de l’actualité. Pour essayer d’y voir clair, nous essaierons donc de situer la plupart de ces livres en les mettant en relation avec les périodes correspondantes de sa vie, dont nous rappellerons les principaux aspects. Reprenant certaines des désignations proposées par Fouilloux, [7] nous distinguerons cinq périodes :

  1. une « brillante éclosion » (1930-1940),
  1. le « gros œuvre » (1945-1954),
  1. de sombres années (1954-1963),
  • l’ « apogée conciliaire » (1963-1987), période que l’on peut elle-même diviser en deux phases :
  1. de 1963 à 1975
  1. et de 1975 à 1987.

Une « brillante éclosion » (1930-1940)

Après les années de formation, Congar est nommé, dès la rentrée 1931, professeur au Saulchoir, où il déploie un énorme travail dont témoignent tant ses premiers articles que ses recensions et bulletins critiques, où se dessinent déjà les principaux thèmes de son œuvre. C’est aussi, après deux séjours en Allemagne au début des années 1930, le temps de la découverte de Luther et plus généralement du protestantisme. Cette première ouverture œcuménique le conduit à découvrir et étudier l’anglicanisme [8] et le christianisme d’Orient, ce dernier notamment par le biais des exilés russes présents à Paris, qui le mettent en contact avec le mouvement slavophile. C’est ce travail de pionnier qui va se concrétiser dans les conférences données à Montmartre pour l’octave de prière pour l’unité des chrétiens en janvier 1936. De ses conférences et d’articles publiés antérieurement sortira en 1937 le livre Chrétiens désunis - Principes d’un œcuménisme catholique, dédié à la mémoire de Mgr Mercier (Conversations de Malines, 1926) et premier numéro de la collection Unam sanctam que vient de lancer Congar. Le livre, qui fera date, place d’emblée Congar dans la mouvance œcuménique, mais contribue déjà à le rendre suspect à Rome où l’œcuménisme « est très mal vu » [9] et qui interdit toute participation au mouvement œcuménique.

Parallèlement à ce chantier œcuménique, Congar poursuit un travail théologique qui se traduit dans son enseignement et des articles dont certains seront repris dans Esquisses du mystère de l’Église, publié seulement en 1941, également dans la collection Unam sanctam n° 8. Outre un article important sur « L’idée de l’Église chez saint Thomas », cette première édition comportait la reprise de deux articles [10] sur Möhler dont on venait de célébrer le centenaire. Mais si Möhler était, semble-t-il, peu connu à Rome, cela n’empêchait nullement qu’il y fût considéré comme un précurseur du modernisme. La reprise d’articles sur Möhler et qui plus est dans un livre sur l’Église renforcera la suspicion sur Congar, [11] qui, dans la deuxième édition du livre en 1953, remplacera ces deux articles sur Möhler.

Avec son ami Féret, Congar rêvait d’écrire une histoire de la théologie. De fait, il donnera au Dictionnaire de théologie catholique (DTC ), sous la rubrique « Théologie », un long article rédigé en 1938 mais, du fait de la guerre, publié seulement en 1943.

Mais revenons quelques années en arrière, c’est en 1935 qu’à la suite d’une enquête sur l’incroyance, il publie dans la revue La Vie intellectuelleun important article de conclusions théologiques sur cette enquête, article où l’on peut lire certaines des grandes intuitions qui seront les siennes, et notamment la nécessité d’une réforme de l’Église en vue d’être réellement à même de témoigner de Jésus-Christ dans le monde. Attentif à cette nécessaire présence au monde, Congar, par exemple, collaborera [12] à l’éphémère revue Sept et aura, sous l’égide de Chenu, des contacts avec la JOC.

Cette période s’achève par la rupture de la guerre où, rappelons-le, Congar sera prisonnier pendant cinq ans à Colditz et Lübeck, dans des conditions de détention très dures. Pour célébrer la mémoire de ses compagnons de captivité, il publiera après guerre, en 1948, un livre à tirage privé, Leur Résistance, mémorial des officiers français évadés de Colditz et de Lübeck, morts pour la France.

Le « gros œuvre » (1945-1954)

Congar, qui avait eu le sentiment d’avoir tout perdu du fait de la rupture de la guerre, va travailler à corps perdu dans cette période dont il a rappelé à quel point elle avait été active et vivante dans la France d’après-guerre. [13] C’est ainsi qu’il donnera, par exemple, une série d’articles sur l’actualité dans Témoignage chrétien. Dans le même temps, il est hanté par l’idée d’écrire un véritable traité d’ecclésiologie. Mais soucieux de le présenter plutôt comme le fruit d’une recherche, il prévoit un « ensemble d’essais sur la communion catholique » qu’il annonce [14] dans le premier et seul publié d’entre eux : Vraie et fausse réforme dans l’Église. Le livre paraît au dernier trimestre de 1950 [15] et demeure l’un de ses maîtres-livres, dont toute la troisième partie, en forme d’ajout, porte sur la réforme protestante et sur Luther, car pour Congar, « la Réforme, c’est d’abord Luther. » [16] Publié au temps de l’encyclique Humani generis (12 août 1950), ce livre, dont le titre pouvait passer pour provocateur (le mot « réforme » ne faisait-il pas partie de ces mots tabous dans le climat de l’époque ?), allait rendre Congar de plus en plus suspect.

Nous avons évoqué, dans les années qui précèdent la guerre, ses rencontres avec la JOC. À son retour de captivité, Congar est frappé par la vitalité des mouvements d’Action catholique en France, et il pense qu’il faut donner au laïcat, au plan de la théologie, toute sa place dans une Église, Peuple de Dieu. Entre 1946 et 1951, il va donner une dizaine d’articles sur cette question. [17] En 1951, il participe en tant qu’expert, au premier Congrès mondial pour l’apostolat des laïcs. Sans prétendre « ni à être complet, ni à formuler du définitif », [18] Congar livre un gros volume, touffu, bourré de références, intitulé modestement Jalons pour une théologie du laïcat, qui paraît en 1954, pour lequel il n’a pas eu trop de souci avec la censure, et qui, au même titre que Vraie et fausse réforme dans l’Église, fera date.

C’est aussi le moment où Pie XII proclame le dogme de l’Assomption (1er novembre 1950), proclamation qui fit scandale chez les protestants, dans la mesure où ce « dogme » n’avait pas de références bibliques. C’est dans ce contexte que Congar reprend, dans un petit livre paru en 1952 pour le quinzième centenaire du Concile de Chalcédoine et intitulé Le Christ, Marie et l’Église, un article publié en novembre 1951 dans La Vie intellectuelle, auquel il ajoute, non sans scrupules, une étude [19] qui dans le climat de l’époque faisait problème.

Mais depuis février 1952, Congar doit présenter à la censure ses moindres textes et comptes rendus. [20] En 1954, à l’occasion du neuvième centenaire de la date symbolique de rupture entre l’Orient et l’Occident, il publie, dans un recueil d’études [21] offert à Dom Lambert Beaudoin de l’abbaye de Chevetogne, un article historique intitulé « Neuf cents ans après » qui fera l’objet d’un tiré à part. C’est en février 1954, de retour d’une tournée au Moyen-Orient dans le cadre de prédication pour la semaine de l’unité, que Congar, appelé à Paris par le père Général, apprend qu’il est brutalement mis à l’écart par sa hiérarchie. C’est le temps de l’affaire des prêtres-ouvriers, et la conclusion que donnait Congar à un de ses articles [22] de Témoignage chrétien fut peut-être un élément supplémentaire pour le mettre dans la même « charrette » que son provincial, les Pères Chenu, Boisselot, Féret « et les prêtres-ouvriers. » [23] Deuxième rupture.

De sombres années (1954-1963)

C’est pour Congar une sombre période. En 1954, sur sa proposition, il est exilé à l’École biblique de Jérusalem, où il va rester environ six mois, et où il récapitule le fruit de sa lecture de l’ensemble de la Bible dans un livre, Le Mystère du temple, dont le sous-titre décrit l’objet : L’Économie de la présence de Dieu à sa créature de la Genèse à l’Apocalypse. Comme l’a rappelé [24] Congar, « il fallut ensuite sept censeurs et plus de trois ans » pour que ce livre puisse être publié. Mais après Jérusalem, et un « séjour romain », Congar, en fin 1955, est assigné dans un couvent à Cambridge où un supérieur local ajoutera à cet exil « d’odieuses restrictions. » Il comparera ces onze mois à ceux passés en captivité.

Rédigé juste avant son exil anglais, La Pentecôte-Chartres 1956 est un livret destiné aux étudiants du pèlerinage de Chartres. En trois chapitres, Congar y résume sa conception d’une Église placée sous le souffle de l’Esprit de Pentecôte pour être présente au monde et à l’histoire des hommes.

Fin 1956 c’est, sauf erreur, Mgr Weber, archevêque de Strasbourg, qui obtiendra son assignation au couvent dominicain de cette ville où il déploiera une activité œcuménique et pastorale, mais sans droit d’enseignement à la faculté de théologie. Dans cette sombre période, il ne publie guère sauf en 1959 le volume intitulé Vaste monde, ma paroisse, vérité et dimension du salut « né d’une série d’articles destinés à Témoignage chrétien », [25] à quoi il faut ajouter un recueil de trois conférences sur laïcat, Église et monde, sous le titre Si vous êtes mes témoins.

L’horizon ne commencera à se dégager qu’à partir de 1960 quand il apprend par le journal La Croix qu’il est nommé, ainsi que le P. de Lubac, consulteur à la Commission théologique préparatoire du Concile. On sait que l’un et l’autre ont hésité à accepter, craignant d’être en fait pris en otages. Il participera néanmoins à cette Commission et sans trop d’illusions met ses espoirs dans le futur Concile. Ce n’est qu’à partir de mars 1963 qu’il sera véritablement « libéré » quand le P.Daniélou, complètement débordé, l’appelle à la rescousse pour « le décharger du secteur ecclésiologique », [26] tandis qu’il quitte l’Angelicum pour s’installer au collège belge auprès du groupe des lovanistes (Mgr Philips, Cerfaux, Moeller, Prignon, Thils), en vue de travailler avec eux sur la refonte du De Ecclesia. Pendant tout ce temps, comme il l’a raconté dans son Journal du Concile, maintenant publié, Congar déploie une activité incroyable au profit du Concile, malgré la maladie qui le mine.

La fin de cette période se traduit par une somme de publications : si La Foi et la théologie reste dans la ligne d’un manuel de théologie, Les Voies du Dieu vivant , dans la collection Cogitatio fidei, sont un recueil d’articles correspondant à des conférences données un peu partout entre 1945 et 1954. Car il ne faut pas oublier qu’à côté de son travail de publication, Congar, qui appartient à l’ordre des prêcheurs, ne s’est jamais dérobé à la prédication. [27]

Autre gros livre de recueil d’articles de cette fin de période : Sacerdoce et laïcat devant leurs tâches d’évangélisation et de civilisation. Ce recueil, qui met à la disposition des articles disséminés dans diverses revues, vient, dans l’esprit de Congar, à la fois modifier, nuancer et compléter ses Jalons pour une théologie du laïcat.

Dans le même temps, il envoie régulièrement aux Informations catholiques internationales (ICI) des comptes rendus du Concile qui seront progressivement rassemblés en quatre petits volumes : Vatican II, Le Concile au jour le jour. Mais il est également soucieux de fournir de la « matière » aux Pères du Concile. C’est ainsi qu’il publie dès 1960 : La Tradition et les traditions - Essai historique, et qu’il contribue dans la collection Unam sanctam à la publication d’un livre collectif : L’Épiscopat et l’Église universelle, tous livres qui de l’avis de nombreux Pères auront un impact réel sur le Concile.

L’ « apogée conciliaire » (1963-1987)

À partir de 1963, Congar est libéré de la suspicion qui pesait sur lui. Publiquement reconnu, [28] sollicité par tous, il va donner un peu partout une somme invraisemblable d’articles et de livres. C’est en nombre la période où il publie le plus. Pour plus de commodités, nous divisons cette période en deux parties. À partir de 1972, il passe du Saulchoir d’Etiolles au couvent Saint-Jacques à Paris, où la maladie va peu à peu l’obliger à ralentir ses activités. Il ne se déplace plus qu’en chaise roulante et feuillette de plus en plus difficilement les livres. En 1984, il est hospitalisé à l’Institution des Invalides où il termine ses jours en 1995.

1963-1975

Revenons à la période de la fin du Concile et aux dix années suivantes, où les publications, en France comme à l’étranger, abondent dans tous les domaines qui sont les siens.

Œcuménisme. C’est d’abord en 1964 la sortie du gros livre Chrétiens en dialogue. Contributions catholiques à l’œcuménisme, N° 50 dans la collection Unam sanctam, recueil d’articles sur l’œcuménisme, spécialement dédié au P. Dumont, directeur du Centre Istina. Ce livre fait pendant au livre pilote de 1937 (Chrétiens désunis). Le titre lui-même dit assez le changement opéré. Cet ouvrage est précédé d’une longue introduction où, à la demande de ses nombreux amis, Congar retrace son itinéraire oecuménique. Cette grande préface, complétée d’un inédit, a fait l’objet en 1974 d’un petit livre de poche dans la collection Foi vivante, n° 156 : Une Passion pour l’unité.

Ecclésiologie. En 1964, sous le titre Sainte Église - Études et approches ecclésiologiques, Congar rassemble dans une première partie des articles publiés dans des revues. Dans une seconde partie, des chroniques et recensions, parues notamment dans les RSPT (Revue des sciences philosophiques et théologiques) et La Vie intellectuelle entre 1932 et 1962, donnent un aperçu de ce travail de critique qu’il a poursuivi pratiquement toute sa vie. Pour le grand public, il publie un petit livre Pour une Église servante et pauvre. Mais surtout, malgré le labeur du Concile, il réussit à sortir la deuxième partie (théologique) de Tradition et traditions - Essai théologique. Dans un souci pastoral, il résumera en 1963 ses deux essais sur la Tradition dans un petit livre : La Tradition et la vie de l’Église. Enfin, pour le lancement de la collection Foi vivante, le numéro 1 intitulé Jésus-Christ, notre Médiateur, notre Seigneur rassemble, avec quelques remaniements, des articles publiés antérieurement et des inédits, en particulier de rapports présentés à des groupes de travail du Concile.

Les années suivantes verront la publication de livres liés à son travail d’historien. C’est, d’une part, L’Ecclésiologie du Haut Moyen Age, en 1968, suivie en 1970 de L’Église de saint Augustin à l’époque moderne, qui constituent une histoire des doctrines ecclésiologiques et recueillent le fruit de tout un travail historique mené depuis des années. À côté de ces livres fondamentaux, Congar publie sur l’Église, dans la collection Mysterium salutis, L’Église, une, sainte, catholique et apostolique, reprise d’études antérieures, dont certaines publiées dans des revues ; et puis, toujours dans la collection Foi vivante, ces livres d’allure plus pastorale que sont : Cette Église que j’aime (1968), À mes frères (1968) et qui l’un et l’autre sont des reprises d’articles antérieurs, dont certains parus dans la revue Concilium.

Par ailleurs, l’expérience du Concile a montré à Congar que ce sont les questions véritablement « travaillées » qui ont abouti, alors que des questions comme celle des ministères restent à approfondir. C’est pourquoi il publie, dès 1967, à Bruxelles, un petit livre Le Sacerdoce chrétien des laïcs et des prêtres, puis en 1971, un recueil d’articles avec un inédit : Ministère et communion ecclésiale.

Actualités. Face aux remous qui suivent la crise de 1968 et que certains attribuent un peu hâtivement au Concile, Congar intervient dans le débat avec une certaine sérénité. S’il réagit d’abord [29]vivement au livre de Maritain Le Paysan de la Garonne, il en reprendra l’analyse quelque temps après, dans un livre d’introduction à la pensée de Maritain [30] publié en anglais aux États-Unis. C’est aussi en 1969, la publication d’un petit livre Au Milieu des orages, et en 1976, La Crise dans l’Église et Monseigneur Lefebvre. Sa connaissance de l’histoire permet à Congar de relativiser l’importance d’une crise dont il avait par avance donné une analyse sous le titre Intégrisme, en annexe de la première édition de Vraie et fausse réforme, annexe qui avait été supprimée de l’édition révisée en 1969.

Ce souci de l’actualité se traduit également par une série d’articles dans la grande presse ( La Croix, Le Monde,…) et dans la presse religieuse en France ( La France catholique, Ecclesia, …). Enfin, il donnera en 1975 un livre interview : Une Vie pour la vérité - Jean Puyo interroge le Père Congar.

1976-1987

Pneumatologie. Depuis longtemps, Congar sait que, au-delà des nécessaires structures, la vie des chrétiens est partie constituante du mystère de l’Église. Cette vie est une vie inspirée par l’Esprit, et Congar est conscient qu’il n’y a ni ecclésiologie ni christologie sans pneumatologie. Dès les années 1950, il donne régulièrement des articles sur la place du Saint-Esprit. Il est par ailleurs frappé par la place du renouveau charismatique dans la vie chrétienne. Précédée, selon son habitude par une série d’articles sur ce sujet, il va donner en trois volumes (1979-1980), aujourd’hui rassemblés en un seul, une somme intitulée Je crois en l’Esprit-Saint, qui reste une sorte de référence obligée sur la question. Dans un souci pastoral, en 1983, à la demande d’un ami, [31] il en donnera une version en quelque sorte abrégée sous le titre Esprit de l’homme, Esprit de Dieu. De la même façon, à la demande du P. Joseph Doré, il publiera dans la collection Jésus et Jésus-Christ : La Parole et le souffle (1984) qui constitue pratiquement son dernier livre avec Appelés à la vie (1985).

Œcuménisme. Malgré les progrès de sa maladie, Congar poursuit un enseignement, en particulier dans le cadre de l’Institut Supérieur d’Études Œcuméniques (ISEO). En 1982, Diversité et communion reprend un travail de séminaire tenu à l’ISEO. Le sous-titre de ce livre (Dossier historique et conclusion théologique) témoigne bien de la méthode de Congar. Dans ses regards vers l’Orient et la Réforme, il a d’ailleurs tendance à mettre l’accent, plus que par le passé, sur la diversité comme condition de la communion. Dans la publication en 1983 de Martin Luther, sa foi, sa réforme, Congar, parfois à la façon d’une rétractation, corrige des jugements à ses yeux excessifs qui figuraient dans la troisième partie de Vraie et fausse réforme. Enfin, en 1984, il donnera encore un petit livre récapitulatif Essais Œcuméniques - Le mouvement, les hommes, les problèmes. À ces publications de livres, il convient d’ajouter des articles dans différentes revues, qui témoignent assez que sa vocation œcuménique s’est exercée tout au long de sa vie.

Entré aux Invalides en 1984, Congar, du fait de sa maladie, ne publie plus guère. Il donnera, cependant, en 1987 un dernier livre : Entretiens d’automne, où à la demande de Bernard Lauret, il s’exprime une fois encore sur les grands problèmes de l’heure et sur son parcours.

N.B. Congar a publié, dans des revues plus ou moins spécialisées, un très grand nombre d’articles dont certains seulement ont été repris en livres. Entre les années 1979 et 1984, ont été publiés à Londres deux recueils rassemblant des articles, parfois difficilement accessibles : en 1982, Droit ancien et structures ecclésiales, et en 1984, Thomas d’Aquin, sa vision de la théologie et de l’Église qui, sans reprendre tous les articles de Congar sur saint Thomas, en donnent un certain nombre publiés dans différents ouvrages ou revues spécialisées. De plus, a été donnée en 1968, sous le titre : A History of Theology, une traduction américaine, avec des abréviations, des remaniements et une mise à jour du grand article « Théologie » rédigé en 1938 pour le Dictionnaire de théologie catholique (DTC ). [32]

Les publications posthumes

À cette rapide présentation des livres de Congar, il convient d’ajouter les publications posthumes :

  • 1995 : Église et papauté, recueil d’articles auquel Congar avait donné accord.
  • 1997 : Journal de guerre, tenu entre 1914 et 1918 à l’instigation de sa mère.
  • 2000 : Journal d’un théologien, édité et annoté par Étienne Fouilloux.
  • 2002 : Mon Journal du Concile, édité et annoté par Eric Mahieu.

Congar avait demandé que ce journal ne soit pas publié avant l’an 2000, mais avait autorisé les historiens à en prendre connaissance. C’est ainsi, par exemple, qu’Alberigo le cite dans les premiers tomes de son Histoire du Concile parue avant 2000.

Autres publications : participation à des ouvrages collectifs

Outre ses propres publications, Congar a participé à de nombreux ouvrages collectifs, d’une part dans le cadre de sa collection Unam sanctam, dont nous avons noté que certains livres, comme par exemple L’Épiscopat et l’Église universelle, ont eu un impact réel sur les Pères du Concile. À l’issue du Concile, il publie dans une version « bis » d’Unam sanctam une série de commentaires de presque tous les textes du Concile par ses acteurs mêmes. D’autre part, à partir des années 1960, il est sans cesse sollicité pour des contributions dans des ouvrages collectifs. Les chiffres ici sont éloquents :

  • entre 1960 et 1963, dix-huit contributions,
  • entre 1964 et 1975, soixante-deux contributions,
  • entre 1976 et 1987, vingt-cinq contributions.

À cela s’ajoutent des préfaces en tête d’une trentaine de livres, et des contributions souvent par des articles importants dans des recueils (« Mélanges  », Festschrift , etc…) en l’honneur de la plupart des grands théologiens ou historiens de l’Église de ce siècle : par exemple, Karl Adam, J. Lortz, Étienne Gilson, J. R Geiselmann, Karl Rahner ainsi que pour son frère Hugo, W. A Visser’t Hooft, Henri de Lubac, Dominique Chenu, Oscar Cullmann …

Nous venons seulement de donner un aperçu sur les livres. Il faudrait ajouter une analyse des articles de tous genres, donnés dans des revues savantes ou pour le grand public, tout au long de sa vie, et en particulier dans la période qui suit le Concile. Pour donner une idée de cette masse de publications, je me bornerai à un petit tableau statistique qui donne bien la mesure de cette activité (voir ci-dessous). Elle comporte, par exemple, ces bulletins de théologie, d’ecclésiologie, d’œcuménisme… publiés presque sans interruption tout au long de sa vie dans la Revue des sciences philosophiques et théologiques (RSPT). De même, Congar donnera occasionnellement des articles dans des revues savantes, en France et à l’étranger. Nombre de ces articles seront traduits dans des revues étrangères. Par ailleurs, toujours soucieux de l’actualité, Congar a écrit des articles dans la presse destinée au grand public : nous avons noté, avant la guerre, sa participation à Sept , après la guerre à Témoignage chrétien, à partir des années 1960 dans La Croix, parfois dans Le Monde, et occasionnellement dans des journaux comme Le Figaro ou Ouest-France. De même, devenu un personnage, il est sollicité, notamment à l’étranger, pour donner des interviews. On peut en recenser quarante-quatre.

Dans cette énorme masse de publications, il faut tenir compte du phénomène de la réutilisation. Congar a gardé de son enfance des habitudes d’économie. Il ré-utilise volontiers le verso de papiers déjà écrits, et de même il « monnaie » dans différentes revues un thème déjà étudié. Congar publie beaucoup, écrit vite, reproduit son texte en différents supports, reprend des éléments déjà utilisés, en sorte que sur un même thème on peut trouver d’un article à l’autre des nuances significatives. C’est parfois au détour d’une reprise dans un article que se trouve exprimée au plus juste sa pensée. Il y a là une vraie difficulté pour bien saisir l’expression la plus adéquate de sa pensée.

Nous terminerons la première partie de cette présentation par un tableau qui donne une répartition statistique de ses publications et permet d’en mesurer l’ampleur.

Une répartition statistique de l’ensemble des publications

I II III IV V
1930 à 1945 1945 à 1954 1955 à 1963 1964 à 1975 1976 à 1987
Ref. biblio 1-151 152-516 517-815 816-1476 1476-1790 Total
Nbre de publications 151 365 299 661 314 1790
Livres de Congar 2 7 13 18 14 54
Collectif 4 18 62 25 109
Festschrift 2 9 16 13 40
Préface 3 5 15 6 29
Total collectif 9 32 93 44 178
Revues françaises 122 56 39 69 68 354
Traductions 58 26 84
Revues étrangères 7 9 21 138 42 217
Articles « Catholicis » 99 90 23 212
Interviews 1 8 17 18 44
Presse française 99 28 85 21 233
Divers 20 85 68 160 81 414
Total 151 365 299 661 314 1790

Aperçu sur la documentation utilisée par Congar et quelques-uns de ses auteurs de référence

Dans une deuxième partie, je voudrais donner un très bref aperçu sur la documentation utilisée par Congar, soit environ vingt mille titres ! Comment essayer de se retrouver dans une telle masse ? Je propose de distinguer entre, d’une part, ce qui est de l’ordre de la documentation historique et théologique, et d’autre part, sans bien sûr prétendre être exhaustif, évoquer quelques-uns des auteurs qui ont été pour lui des références.

En ce qui concerne la documentation, Congar a une connaissance pratiquement exhaustive de la « vulgate » théologique de son époque. Il est clair qu’il a pratiquement tout lu de ce qui a été publié de significatif en son temps, tant en français qu’en allemand, en anglais et accessoirement dans d’autres langues européennes. Dans le cadre d’un travail scientifique, Congar a la hantise d’une bibliographie bien à jour. Quand il n’a pu fréquenter directement un livre ou un article, il l’indique scrupuleusement par une remarque du type « Je n’ai pris connaissance de cet ouvrage qu’à travers la recension de… » Ou encore : « Je n’ai pu prendre en compte tel livre car publié au moment de la rédaction de cet article. »

Dans cette énorme documentation, Congar a évidemment ses auteurs préférés, et pour peu que l’on soit familier de son œuvre, sur telle ou telle question on retrouve presque inévitablement un de ces auteurs qui l’a marqué. Ainsi, par exemple, s’il évoque comme loi de toute l’économie de grâce, cette loi de pars pro toto, on est presque assuré de voir apparaître une référence au livre du Suisse W. Vischer Le Témoignage de l’Ancien Testament sur le Christ [33] dont il dit avoir tiré tant de profit. Évoque-t-il l’Apocalypse, on peut s’attendre à voir cité E.B. Allo, l’Épître aux Hébreux, c’est d’abord le vieux commentaire de Westcott qui est à l’horizon. On pourrait ainsi, dans tous les domaines qu’il aborde, multiplier les exemples. Par ailleurs, les impressionnantes bibliographies que fournit Congar donnent souvent de précieuses indications critiques sur ce qui est essentiel et sur ce qui est accessoire.

Les mêmes remarques peuvent s’appliquer à sa documentation historique. En particulier, Congar connaît bien tout le travail historique réalisé depuis le XIXe siècle en Allemagne. Il est capable d’en indiquer ce qui a pu vieillir ou d’en discuter les thèses en vrai spécialiste. Face à des auteurs incontestés, on le voit capable d’apporter des précisions, des nuances, des exemples supplémentaires. Un exemple parmi tant d’autres : dans un article [34] sur les « Fausses décrétales », faisant référence aux trois volumes, qu’il qualifie « d’une érudition et d’une précision difficilement surpassables », de l’historien Horst Fuhrman, il propose en note d’ajouter encore de nouveaux exemples à ceux donnés par l’historien. Dans ce domaine historique aussi, Congar aime évidemment à se référer avec prédilection aux historiens qui l’ont plus spécialement marqué. Si, par exemple, il est de ceux qui ont apporté un nouveau regard sur la Réforme, il répétera souvent tout ce qu’il doit là aux travaux de J. Lortz ou de L. Febvre. La qualité de son travail historique est d’ailleurs reconnue par des historiens et, par exemple, de l’avis des spécialistes, son livre sur L’Ecclésiologie du Haut Moyen Age reste une référence incontournable.

Au Saulchoir, dans les année 1930, Congar aurait pu devenir historien médiéviste. S’il a suivi une autre vocation, son travail théologique sera toujours de plus en plus fondé sur ses travaux historiques, où il convient de voir évidemment beaucoup plus que ce qui ne serait que de l’ordre d’un simple « goût » pour l’histoire.

Après ce rapide coup d’œil sur la documentation, tant historique que théologique de Congar, je terminerai en évoquant quelques-uns seulement des auteurs qui font partie de ses grandes références, en indiquant éventuellement dans quelles circonstances il les a fréquentés.

Saint Thomas d’Aquin. C’est l’auteur qui est sa référence première et qui lui vient spontanément à l’esprit sur toute question. Congar n’a cessé de reconnaître sa dette envers lui, rappelant qu’il fallait bien une bonne dizaine d’années pour se familiariser réellement avec son œuvre. C’est, rappelons-le, l’abbé Lallement qui l’a initié à saint Thomas et lorsque Congar était étudiant aux Carmes entre 1920 et 1923, il l’emmenait à Versailles puis à Meudon dans le cercle alors prestigieux de Jacques Maritain. On y pratiquait une lecture de saint Thomas à travers ses grands commentateurs Cajetan et, en particulier, Jean de Saint-Thomas.

Au Saulchoir, si la présentation de saint Thomas restait au fond assez classique, elle s’en distinguait par deux aspects, d’abord la lecture du texte lui-même plutôt que celle de ses commentateurs, et puis sous la direction de Chenu, une remise en place de saint Thomas dans son contexte historique. Dans le cercle de Maritain, l’historique était dédaigneusement relégué dans la catégorie de l’« accidentel. » Or, au Saulchoir, l’histoire devenait nécessaire à la compréhension même du texte. Au fond, passant des Carmes au Saulchoir, Congar passe du thomisme de Maritain, voire de Pègues, au thomisme enraciné dans l’histoire de Gilson et de Chenu. Ce passage le marquera définitivement.

Si, à la fin de sa vie, Congar reconnaîtra le risque qu’un thomisme étroit peut faire courir à l’esprit, il ne cessera pour autant de reconnaître ce qu’il doit à sa formation thomiste. [35] Tout au long de sa vie, et dès sa première publication en 1924, il a consacré explicitement des articles érudits sur saint Thomas qui restent sa référence première. Il dira notamment que si saint Thomas n’a pas écrit un traité d’ecclésiologie, c’est que la question de l’Église est partout présente chez lui.

Après saint Thomas, il me semble qu’une autre de ses références majeures, c’est Luther, qui l’accompagne lui aussi tout au long de sa vie. Si pour Congar, la Réforme c’est avant tout Luther, au-delà de la place de Luther dans l’histoire, il a aussi reconnu en lui, et ce n’était pas évident à son époque, une dimension spirituelle. Au fond, il a, je crois, avec lui une certaine fraternité dans la mesure où, comme il le dira, il s’est trouvé confronté à des questions et à une attitude similaires de l’Église officielle. « Plusieurs fois, on me répond : la règle de foi n’est pas l’Écriture, mais le magistère vivant ; que faites-vous des énoncés pontificaux ? Je comprends mieux ce qu’a été la réaction de Luther, car c’est cela aussi qu’on lui a répondu. Lui a envoyé par-dessus bord tout texte et toute autorité ecclésiastique pour en rester à l’Écriture sainte. » [36]

Rappelons que c’est au cours de deux voyages en Allemagne, aux vacances d’été après son ordination ( 25 juillet 1930) et de nouveau à l’été 1931, qu’il découvre véritablement Luther, et cette lecture ne le quittera plus. Lors du semestre sabbatique qui lui fut accordé en 1932, il suivra le cours sur Luther d’Étienne Gilson à l’École des Hautes Etudes, et il fréquenta la faculté de théologie protestante. Congar fait partie de ceux qui ont profondément modifié le regard des catholiques sur Luther. À cet égard, l’article paru en 1950 dans la Revue des sciences philosophiques et théologiques (RSPT) - « Luther vu par les catholiques ou de l’utilité de faire l’histoire de l’histoire » - témoigne de la méthode de Congar. Quittant le terrain de la polémique, il dit : pour comprendre, commençons par faire de l’histoire. Il publiera quelques articles sur Luther et nous avons noté que, dans les textes issus de la dernière partie de son enseignement, il était revenu sur les jugements un peu raides qui figuraient dans la dernière partie de Vraie et fausse réforme dans l’Église. La place de Luther est suffisamment importante dans l’œuvre de Congar pour qu’un étudiant du deuxième cycle ait consacré son mémoire de maîtrise sur ce sujet. [37]

Une autre découverte majeure de Congar est celle de Möhler. C’est Chenu, cet « incomparable éveilleur », qui le lui a fait connaître dans son cours d’histoire des doctrines chrétiennes. Si Möhler avait été traduit en France, mais de façon médiocre, vers les années 1840, il y restait largement méconnu. Une thèse importante de E. Vermeil avait attiré de nouveau l’attention sur Möhler, mais Vermeil en faisait un précurseur du modernisme, en sorte que s’intéresser à Möhler était d’avance très suspect. En France, c’est Pierre Chaillet qui entreprend de l’étudier dans les années 1930. Cela aboutira notamment à la publication d’un livre d’hommage à Möhler intitulé L’Église est une, avec, entre autres, des contributions de Karl Adam et de Congar. Ce dernier aurait voulu que le premier numéro de la collection Unam sanctam soit précisément la traduction du livre de jeunesse de Möhler, L’Unité dans l’Église. En fait, bon germaniste, il sera obligé de reprendre complètement la traduction et c’est Chrétiens désunis qui inaugurera la collection, suivi par ce livre de Möhler. Rappelons en passant que le numéro trois de cette collection est le livre de Lubac, Catholicisme, les aspects sociaux du dogme.

Pourquoi Möhler a-t-il été important pour Congar ? Il est toujours difficile de répondre à ce genre de question. Mais il est probable que, baignant encore dans un milieu scolastique, il y découvre une autre façon d’envisager l’Église, sous mode du retour à l’Église des Pères des premiers siècles. Par ailleurs, Möhler disait à peu près que ce qui fait l’Église, c’est la vie des chrétiens inspirée par l’Esprit. On peut penser dans que la catégorie partout utilisée par Congar : « structure et vie », cette importance donnée à la vie lui vient de la découverte de Möhler. Il y a, par ailleurs, une double fraternité entre Möhler et Congar. Möhler, en effet, dans son intérêt pour le protestantisme, fait figure de pré-œcuméniste. Par ailleurs, Möhler n’est devenu lui-même qu’à l’issue d’un voyage dans les grandes universités protestantes du nord de l’Allemagne, là où il a rencontré, fût-ce brièvement, des personnages comme Schleiermacher ou Neander. Congar lui aussi a quitté les sécurités de l’Église de son temps pour se confronter, d’abord en Allemagne, puis en Angleterre et en France, auprès des milieux slavophiles, à ces autres chrétiens qui nous permettent d’être plus profondément nous-mêmes. Si Möhler n’est pas très cité, Congar en parle toujours avec une sorte d’émotion et de respect qui, me semble-t-il, salue le rôle d’initiateur qu’il a joué à un moment décisif de son travail.

Dans le même ordre d’idée, sans doute faudrait-il citer ici Newman, dont Congar publie au N° 30 de la collection Unam sanctam des « Pensées sur l’Église . » Peut-être est-ce surtout le Newman de l’Essai sur le développement qui a marqué Congar, en particulier dans ses études sur la tradition. Quand, par exemple, dans La Tradition et les traditions, Congar dit qu’il faut avoir une bonne notion de ce qu’est le développement, c’est évidemment à Newman qu’il pense. Il estimait, par ailleurs, que l’œuvre de Newman n’avait pas encore porté tous ses fruits.

Revertimini ad fontes, Congar cite parfois - un peu malicieusement ? - cette formule de Pie X à propos de la liturgie. Cette idée de « ressourcement » anime toute sa volonté de réaliser « une théologie vraie, ressourcée, en prise sur les questions des hommes. » [38] Ce retour aux sources, qui est significatif de son temps, était au fond lui aussi largement suspecté à Rome où l’on était plus attentif à la regula proxima du magistère pontifical qu’à ce que l’on désignait comme la regula remota, formule qui englobait les Pères et la Bible. Or, toute l’œuvre de Congar voudra témoigner de ce retour aux sources.

Il cite abondamment les Pères de l’Église tant grecs que latins, et parmi ces derniers en particulier saint Augustin. Un mot sur son rapport à saint Augustin qui est fait, je crois, à la fois de fascination, d’admiration, mais aussi d’une certaine suspicion. Fascination ? C’est, par exemple, son attitude devant le livre X de La Cité de Dieu que Congar présente toujours comme l’un des plus grands textes du christianisme. [39] Admiration ? Il admire chez saint Augustin autant le pasteur que le théologien, notamment l’Augustin anti-donatiste. Il écrira d’ailleurs une longue préface au premier tome des Écrits anti-donatistes dans la Bibliothèque Augustinienne ( BA 28). Enfin, une certaine suspicion ? En effet, remarque Congar, l’œuvre d’Augustin a pu donner lieu à différents schismes, voire hérésies - contrairement à son maître saint Thomas d’Aquin.

Il y a, enfin, le rapport de Congar à la Bible, question qui demanderait à elle seule une étude particulière. Si la Bible lui est familière dès ses années de formation, elle demeurait néanmoins pour lui surtout un livre qui nourrissait sa piété, sans véritablement structurer sa pensée théologique formée au monde de la scolastique et dont la référence spontanée était saint Thomas. L’ordre dominicain a certainement été marqué en France par la publication après la guerre de la « Bible de Jérusalem », [40] issue du travail de l’École biblique de Jérusalem. Dans ce contexte, Congar s’est livré à un ressourcement biblique personnel et il s’efforcera de tenir compte de toutes les données de l’exégèse biblique de son temps. Mais au-delà de cet effort, peut-être n’est-il pas certain qu’il ait réussi à ce que la Bible soit véritablement « l’âme » de sa théologie comme son propos délibéré était pourtant qu’elle le soit.

Il y aurait encore bien d’autres noms à citer parmi les auteurs de référence. Rappelons simplement la découverte des auteurs liés au mouvement slavophile. Congar a vécu au temps des grands écrivains catholiques français : il a lu Péguy, bien sûr, comme tous les gens de sa génération, ainsi que Bernanos et Claudel. Et d’autres encore, comme Cronin.

Ajoutons pour terminer que les références de Congar, ce ne sont pas seulement des auteurs. Il a tissé autour de lui un immense réseau d’amitiés et de relations qui sont eux aussi présents à ses écrits. S’il fallait n’en citer qu’un, je crois que c’est le Père Chenu qu’il faudrait retenir, celui qu’il appelle si justement, « mon maître et mon compagnon de labeur. »

En conclusion

Que conclure de cette rapide approche de la bibliographie de Congar au double sens où nous l’avons examinée ?

Impressionnante, l’œuvre de Congar n’a rien de systématique. Le monument sur l’Église dont il a rêvé ne verra pas le jour, mais en un sens il prendra corps au Concile. Pour une part, son œuvre apparaît comme une œuvre de circonstance, un peu jetée au vent des sollicitations qui parfois l’accablent. Mais comme le disait Goethe, ce sont ces œuvres particulières qui sont véritablement universelles. De fait, Congar est un des rares théologiens français qui est traduit dans toutes les langues. Par ailleurs, toute son œuvre théologique est tributaire d’un immense travail historique qui la caractérise en propre. À la fin de sa vie, il aimait à répéter : « Tout est historique. »

Livres du Père Congar - Abréviations

Sont indiqués à la suite du titre, la date de première publication et entre parenthèse le numéro de la bibliographie Quattrocchi / Nichols.

  • AMF À mes frères - 1968 (1040)
  • AMO Au milieu des orages - 1969 (1099)
  • AOE Aspects de l’Œcuménisme - 1962 (706)
  • AV Appelés à la vie - 1985 (1760)
  • CD Chrétiens désunis, principes catholiques de l’œcuménisme - 1937 (117)
  • CEA Cette Église que j’aime - 1968 (1038)
  • CED Chrétiens en dialogue. Contributions catholiques à l’œcuménisme - 1964 (832)
  • CEL La Crise de l’Église et Monseigneur Lefebvre -1976 (1497)
  • CME Le Christ, Marie et l’Église - 1962
  • CV2 Le Concile Vatican II. Son Église, peuple de Dieu, corps du Christ - 1984 (1728)
  • DASE Droit ancien et structures ecclésiales - 1982 (1683)
  • DC Diversités et communion. Dossier historique et conclusion théologique - 1982 (1662)
  • EA Entretiens d’automne - 1985 (1788)
  • ECFM Église catholique et France moderne - 1978 (1530)
  • EHED Esprit de l’homme, esprit de Dieu - 1983 (1705)
  • EMA L’Ecclésiologie du Haut Moyen Age - 1968 (1087)
  • EEM Études d’ecclésiologie médiévale - 1983 (1692)
  • EME Esquisse du mystère de l’Église - 1941 (148)
  • EOE Essais œcuméniques. Le mouvement, les hommes, les problèmes - 1984 (1740)
  • EQR L’Église catholique devant la question raciste - 1953 (452)
  • ESAM L’Église de saint Augustin à l’époque moderne - 1970 ( 1204)
  • FT La Foi et la théologie - 1962 (718)
  • HT A History of Theology - 1968 (1066)
  • JC Jésus-Christ, notre médiateur et notre Seigneur - 1965 (877)
  • JCES Je crois en l’Esprit Saint -1979-1980 (1563-1571)
  • JTL Jalons pour une théologie du laïcat - 1953 (462)
  • LE L’Église, une, sainte, catholique et apostolique - 1970 (1217)
  • LPC La Pentecôte, Chartres 1956 - 1956 (527)
  • LR Leur résistance - 1948 (252)
  • MC Ministère et communion ecclésiale - 1971 (1265)
  • MLFR Martin Luther, sa foi, sa réforme - 1983 (1690)
  • MT Le Mystère du temple - 1958 (586)
  • NCA Neuf cents ans après, notes sur le « Schisme oriental » - 1954 (489)
  • PESP Pour une Église servante et pauvre - 1963 (751)
  • PM Un Peuple messianique ; L’Église sacrement du salut. Salut et libération - 1975 (1440)
  • PS La Parole et le souffle - 1984 (1721)
  • PU Une passion, l’unité. Réflexions et souvenirs - 1974 (1384)
  • SCLP Le sacerdoce chrétien des laïcs et des prêtres - 1967 (1006)
  • SE Sainte Église - Études et approches ecclésiologiques - 1963 (750)
  • SLT Sacerdoce et laïcat devant leurs tâches d’évangélisation et de civilisation - 1962 (720)
  • STPT Situation et tâches présentes de la théologie - 1967 (1000)
  • SVT Si vous êtes mes témoins - 1959 (624)
  • TAV Thomas d’Aquin. Sa vision de la théologie et de l’Église - 1984 (1727)
  • Tt EH La Tradition et les traditions - Essai historique - 1960 (657)
  • Tt ET La Tradition et les traditions - Essai théologique - 1963 (749)
  • TVE La Tradition et la vie de l’Église - 1963 (748)
  • VDV Les Voies du Dieu vivant - 1962 (719)
  • VFR Vraie et fausse réforme dans l’Église - 1950 (372)
  • VMP Vaste monde ma paroisse. Vérité et dimension du salut - 1959 (634)
  • VPV Une vie pour la vérité. Jean Puyo interroge le Père Congar - 1975 (1422)
  • V2JJ Le Concile au jour le jour - 4 tomes , 1963 (724), 1964 (826), 1965 (878), 1966 (898)

Posthumes

  • EP Église et papauté - 1995/2002
  • JG Journal de guerre - 1997
  • JT Journal d’un théologien - 2000
  • MJC Mon Journal du Concile - 2002

[1] Par exemple, la « bibliographie raisonnée des œuvres de Bossuet » par l’abbé Verlaque, en 1905 . Bibliographie si célèbre qu’elle a même fait l’objet d’une réédition en 1975.

[2] Il est clair que dans cette présentation je suis largement redevable à ce livre.

[3] « Similaire » dans la mesure où A. Nichols utilise les normes de la bibliographie anglo-saxonne et répertorie de façon un peu différente. Par exemple, là où Quattrocchi donne un titre par article publié dans TC en 1946, Nichols ne donne qu’un numéro pour les articles parus au cours d’une même année dans l’hebdomadaire La Vie catholique illustrée. De même, la façon diverse de répertorier les traductions peut prêter à des confusions.

[4] Bibliographie Karl Rahner 1924-1969, Herder, Freiburg-Basel-Wien, 1969. Cette bibliographie a fait l’objet d’un supplément pour la période 1969-1974. Elle a été complétée par H. Vorgrimler pour la période 1974-1979 et par E Klinger et K. Wittstadt pour la période 1979-1984.

[5] J. Famerée, L’Ecclésiologie d’Yves Congar avant Vatican II - Histoire et Église - Analyse et reprise critique . Leuven University Press, 1992, p. 18.

[6] Plus du tiers de ces livres sont constitués en tout ou partie par des articles publiés précédemment.

[7] É. Fouilloux, « Un théologien dans l’Église du XXe siècle », Bulletin de littérature ecclésiastique, Toulouse, janvier-mars 2005.

[8] En 1937, il séjournera en Angleterre au Lincoln Theology College , accueilli par A.M. Ramsey (1904-1988) qui deviendra archevêque de Canterbury.

[9] Journal d’un théologien, p. 155. La ré-édition de Chrétien désunis, demandée par Le Cerf en 41/42, ne pourra se faire, id°, p. 157 sq.

[10] Respectivement « L’esprit des Pères d’après Möhler » paru dans Le Supplément de la vie spirituelle en 1938 et « L’hérésie, déchirure de l’unité » paru dans le livre L’Église est une, Hommage à Möhler, Paris, 1939.

[11] Voir Journal d’un théologien, p. 138.

[12] Il donne sept articles à Sept . Voir bibliographie N° 48, 56, 72, 73, 84, 92 et 104.

[13] Voir Chrétiens en dialogue, préface p. XLIII, « Qui n’a pas vécu les années 46-47 du catholicisme français a manqué l’un des plus beaux moments de la vie de l’Église … »

[14] Voir Vraie et fausse réforme, Avertissement , note 1.

[15] Les deux premières parties du livre furent rédigées en 1946.

[16] Martin Luther, sa foi, sa réforme - Études de théologie historique, Paris, 1983, Introduction, p. 7.

[17] Citons « Pour une théologie du laïcat », paru dans les numéros de la revue Études de janvier et février 1948 ; en 1950 « Qu’est-ce qu’un laïc ? », paru dans le Supplément de novembre 1950, ou encore l’étude « Structure du Sacerdoce chrétien », publiée dans La Maison Dieu , n° 27 (151/4) et reproduite dans Sainte Église, p. 239-273.

[18] Jalons pour une théologie du laïcat, Paris, 1954, p. 14.

[19] Étude intitulée : « La piété catholique envers le Christ, l’Église et Marie sait-elle toujours éviter la tentation d’une tendance monophysite ? » Sur ses scrupules de publication, voir Journal d’un théologien , p. 216.

[20] Journal d’un théologien, p. 182 sq.

[21] L’Église et les Églises, Chevetogne, 1954. Comme souvent, l’article de Congar est précédé par une première publication sur le même thème dans la revue Proche-Orient chrétien, janvier 1954 et intitulée : « Neuf cents ans après : juillet 1054 - janvier 1954 ».

[22] « L’avenir des prêtres-ouvriers », Témoignage chrétien, 25 septembre 1953. En conclusion, Congar écrivait : « On peut condamner une solution si elle est fausse, on ne condamne pas un problème … »

[23] Journal d’un théologien, p. 237.

[24] Chrétiens en Dialogue, Préface, p. LV.

[25] Vaste monde ma paroisse, préface, p. 5. Ce volume est publié aux Éditions Témoignage Chrétien.

[26] É. Fouilloux , art. cité, p. 35.

[27] Jossua, op. cité, donne ici quelques chiffres sur le nombre de sermons, prédications retraites et conférences donnés en plus de son enseignement :

de 1930 à 1939 : 169,

de 1945 à 1957 : 553,

de 1957 à 1 965 : 947.

Voir également dans la préface de Chrétiens en dialogue, p. XXVII-XXVIII, la liste de ses prédications liées à la Semaine de prière pour l’unité pour la période de 1936 à 1964, avec indications des villes.

[28] Il est nommé membre de la Commission théologique internationale et de la Commission internationale catholiques - luthériens, où sa maladie l’empêchera de siéger autant qu’il l’aurait souhaité. Par ailleurs, il fait partie des membres fondateurs de la revue internationale Concilium, à laquelle il donnera, entre 1965 et 1983, une vingtaine d’articles.

[29] Article intitulé « Une certaine peine » dans Le Monde du 28 décembre 1966.

[30] W.J. Nottingham, Christian Faith and Secular Action. An Introduction to the Life and Thought of Jacques Maritain, Saint Louis, Missouri, 1968.

[31] Entretiens d’automne, Paris, 1987, p. 41.

[32] Le texte français inédit de la préface à cette traduction a été publié en tête de Situation et tâches présentes de la théologie, Paris, 1967, p. 9-23, sous le titre « La théologie depuis 1939 ».

[33] Voir à ce sujet l’article publié dans La Vie intellectuelle , octobre 1949, pp. 335-343, reproduit dans Les Voies du Dieu vivant , p. 17-23.

[34] « Les Fausses décrétales, leur réception, leur influence » : Revue des sciences philosophiques et théologiques, n° 59, 1975, p. 279-288, repris dans Église et papauté, p. 81- 92.

[35] Voir, par exemple, ce qu’il écrit en 1983 dans l’introduction à Thomas d’Aquin : sa vision de théologie et de l’Église, Variorum reprints, Londres, 1984. « …Nous nous rendons compte de ses limites et des limites que notre fidélité à son école a imposées à notre travail. Mais nous voulons dire ici ce que nous lui devons. Il nous a appris la rigueur, le parler formel, l’ordre dans l’esprit, l’ouverture à toute vérité … »

[36]Mon Journal du Concile, t. 1, p. 67

[37] B. Brzys, Étude sur l’évolution théologique d’Yves Congar dans ses travaux sur M. Luther. Mémoire de maîtrise , ICP.

[38] Mon Journal du Concile, t. 1, p.207.

[39] Un exemple parmi beaucoup. Dans son étude sur Structure du sacerdoce chrétien, Congar évoque à propos de saint Augustin, « une série de textes somptueux et denses dont nous citerons quelques-uns, et tout particulièrement dans les deux éblouissants chapitres de la Cité de Dieu. » Comme le précise la note, il s’agit ici des chapitres 5 et 6 du livre X de la Cité de Dieu.

[40] La première publication de la Bible de Jérusalem s’achève en 1955 et, dans l’esprit de Congar son livre Le Mystère du temple est aussi un hommage à cette publication.


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