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Dernière mise à jour : janvier 2008 |
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Surmonter les obstacles de l’œcuménisme7 (2008 / 1) : 73 - 77.
Du 22 au 27 janvier 2006, pendant la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, une importante réunion œcuménique s’est tenue à Rome. Cette réunion était la première phase des longues préparations pour la Troisième Assemblée Œcuménique des Chrétiens de l’Europe qui se tient à Sibiu, en Roumanie, du 4 au 8 septembre 2007. Il y avait 166 délégués de quarante-quatre pays représentant les différentes églises, les conférences épiscopales et les communautés religieuses. Cette réunion était l’occasion d’apprendre, d’écouter, de partager, de prier ensemble. De façon plus significative, le 24 janvier, à la veille de la clôture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, les délégués ont participé dans la basilique Saint-Paul aux vêpres présidées par l’évêque de Rome, Benoît XVI. Le jour suivant, les participants ont eu une audience avec le pape. Bien sûr, le Saint Père nous a reçus très aimablement. Le pape a conclu ses remarques en répétant publiquement la décision qu’il a prise au tout début de son pontificat de n’épargner ni travail, ni énergie dans la tache de reconstruire l’entière et visible unité de tous ceux qui suivent le Christ. Il a souligné que dans ce processus d’unification, l’Europe doit redécouvrir ses racines chrétiennes et ses valeurs éthiques qui font partie de son vaste patrimoine spirituel. Au même moment, il nous a rappelé que nous aurions une responsabilité spécifique dans le parcours œcuménique des chrétiens de notre continent et du monde. Parmi les présentations faites à cette réunion romaine, le Cardinal Cormac Murphy-O’Connor a présenté un paper sur le thème et les buts de la prochaine Troisième Assemblée. Il a commencé par rappeler à ses auditeurs que nous sommes tous frères et sœurs dans le Christ. Textuellement, le Cardinal a dit : « nous sommes sur le chemin pour accomplir l’unité des chrétiens. Le voyage peut être long. Il peut être difficile mais c’est sans retour. L’œcuménisme, c’est comme une route sans sortie et donc nous devons en être contents et nous en réjouir. » Cependant, l’essentiel de sa présentation fut centré sur les trois ennemis de l’œcuménisme : la suspicion, l’inertie et l’impatience. Premièrement, la suspicion – les doutes et les réserves. Nous sommes suspicieux l’un envers l’autre car nous nous ne connaissons pas. Pour dépasser cela, nous devons nous rencontrer et développer l’amitié. Notre but doit être la promesse du Christ : « que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » (Mt 18,20). Le deuxième ennemi de l’œcuménisme est l’inertie ou l’apathie. Nous reconnaissons tous que l’œcuménisme est une dimension importante aujourd’hui dans nos vies de chrétiens. Cependant, nous ne faisons rien ou presque rien. Même pas de simples gestes de nature œcuménique. Saint Paul nous donne un avis pertinent : « Portez les fardeaux les uns des autres et accomplissez ainsi la loi du Christ. » (Gal 6,2). Le troisième adversaire de l’œcuménisme est l’impatience. Il y a un certain découragement parce que certaines attentes de l’œcuménisme ne sont pas encore apparues. Nous voudrions éviter les difficultés et les obstacles. Cependant le dialogue œcuménique ne veut pas dire abandon de sa propre identité en faveur d’un compromis. L’œcuménisme œuvre non pas à l’appauvrissement spirituel mais à un enrichissement mutuel. Le voyage va être long mais ce sera un voyage enrichissant. Je voudrais examiner le travail de notre comité mixte catholique-orthodoxe en France à la lumière de ces signaux indiqués par le Cardinal Murphy-O’Connor, et en particulier, l’application de ces principes dans la publication du livre Catholiques et orthodoxes : les enjeux de l’uniatisme. Dans le sillage de Balamand (Paris : Cerf, 2004). Le sujet en question, l’uniatisme, est hautement sensible ainsi que controversé. Comme toujours, bien sûr, les événements historiques sont interprétés de façon différente. Invariablement, les interprétations contiennent une grande part de subjectivité. Cela génère la suspicion, la méfiance, et la difficulté. Cependant, avec le temps, comme nous étions confrontés à différentes présentations sur la question de l’uniatisme, l’atmosphère de travail a changé petit à petit. Nous nous connaissons mieux. En même temps, nous nous révélons nos perspectives historiques et nos sentiments dans les discussions et les échanges. Comme nous nous associons, la méfiance et les suspicions disparaissent. Nous avons appris comment accepter les vues et les positions divergentes. Puisque le document de Balamand a été préparé de façon précipitée et plutôt dans un effort commun forcé, il a des imperfections. C’est une juxtaposition d’affirmations ou de principes. Par conséquent, il manque d’inspiration et d’empathie. Quand ce document a été préparé à Balamand, des doutes et des réserves ont été exprimés. Quelques églises ont simplement rejeté le document. Néanmoins, le comité mixte a réussi à établir une atmosphère de vérité et de compréhension suffisante qui a permis d’atteindre son but : écrire un livre avec des essais divergents qui d’une certaine façon se complètent l’un l’autre. La méfiance du début a été remplacée par un respect mutuel, une honnêteté intellectuelle et même une cordialité. La routine des ces réunions et discussions régulièrement programmées a aidé le groupe à surpasser l’inertie et l’apathie – le deuxième ennui de l’œcuménisme. Nous n’avons pas arrêté. C’était un processus continuel. Il y avait un entraînement et encouragement mutuels. Le groupe avait le sens de la mission ecclésiastique, une responsabilité sacrée. Nous n’avons jamais perdu conscience de la haute priorité que l’œcuménisme tient aujourd’hui dans le monde chrétien. Notre détermination ne s’est pas évaporée. Avec un sens de fierté sacrée, nous avons atteint notre but : la publication de ce livre. Le groupe n’a pas non plus succombé à la tentation de l’impatience. Dix ans pour sortir un livre semble long en effet. Il y avait des moments où le sujet du livre devenait vraiment ennuyeux. Cependant il y a eu la détermination de porter ce projet à une conclusion satisfaisante. Il existe une chose comme la patience créative. « Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voyez le laboureur : il attend patiemment le précieux fruit de la terre jusqu’aux pluies de la première et de l’arrière saison. » (Jacques 5,7). Le groupe a continué et persévéré jusqu’à la naissance du « précieux fruit. » C’est sûr, le travail du comité mixte n’a pas résolu toutes les anxiétés. Mais il a fait un pas en avant dans le processus d’une meilleure appréciation de la communion – [koinonia] – à laquelle sont appelés tous ceux qui ont été baptisés au nom du Christ Jésus, le bon pasteur, dont le désir ardent est : « il y aura un seul troupeau, un seul pasteur. » (Jn 10,16). Le livre que le comité mixte a publié est une invitation à marcher sur la route de la réunification de tous les chrétiens. De son côté, le 25 janvier 2006, Benoît XVI a déclaré publiquement devant les 166 délégués des églises chrétiennes en Europe réunis dans cité de saint Pierre et saint Paul qu’il allait s’efforcer de travailler à la reconstitution de l’unité visible de tous ceux qui suivent le Christ. Sur le contenu du livre Les enjeux de l’uniatisme, peut-être serait-il bon de rappeler les mots de Jean-Paul II adressés aux catholiques ukrainiens en 1988 à l’occasion du millénaire du baptême de la Rus’ de Kiev : « L’Union de Brest, dans l’intention de ceux qui ont travaillé pour elle au milieu d’incompréhensions et d’oppositions de toutes sortes, témoignant parfois jusque par le sang de la conviction profonde et indéfectible qui les animait, comme ce fut le cas de saint Josaphat – n’était dirigée contre personne. L’Union de Brest visait la construction d’une Église qui, en Orient comme en Occident, pût jouir de la pleine unité visible qui s’enracine dans la foi unique et dans l’unique baptême. » [1] Peut-être n’est-il pas sans signification historique que le livre Les enjeux de l’uniatisme paraît à la veille du 150e anniversaire de l’Œuvre de l’Orient. Pendant un siècle et demi, cette vénérable association – l’Œuvre de l’Orient – a offert une précieuse et active assistance précisément à ces églises orientales unies. L’Œuvre de l’Orient, aussi, a sa place dans ce livre. [1] Magnum baptismi donum, n° 4. © 2001-2007 Catho-Theo.net
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