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Dernière mise à jour : 24 octobre 2005 |
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Livres récents en théologie pratique
La théologie pratique, qu’elle soit conçue comme discipline théologique spécifique ou comme approche théologique fondamentale, est en recherche constante depuis plusieurs décennies. Pour avoir un aperçu de son champ de recherche dans l’aire francophone, Catho-Theo.net a demandé à la revue internationale Lumen Vitæ, conjointement publiée à Bruxelles, Paris, Montréal et Québec, de pouvoir bénéficier de ses recensions de quelques ouvrages récents dans ce domaine. Merci à Lumen Vitæ, et notamment à Joël Molinario, Directeur-adjoint, pour cette fructueuse collaboration.
Brodeur, Raymond - Caulier, Brigitte (Dir.).- Enseigner le Catéchisme. Autorités et institutions, XVIe-XXe siècles, Québec / Paris, Presses de l’Université Laval / Le Cerf, 1997, 466 p. Cet ouvrage comporte les actes du colloque international “Enseigner le catéchisme : quatre siècles d’expériences francophones” tenu à Québec du 6 au 9 septembre 1995 dans le cadre des travaux du Groupe de recherche sur l’histoire de l’enseignement religieux au Québec de l’Université Laval. L’ouvrage retrace, de manière magistrale, l’évolution de l’enseignement religieux dans ses divers contextes socioculturels depuis les origines du catéchisme au XVIe siècle jusqu’à nos jours. Historiens, sociologues, théologiens et pédagogues y mettent en commun leurs questionnements et leurs approches respectives. Depuis le XVIe siècle, protestants et catholiques ont établi avec les catéchismes imprimés un enseignement systématique pour combattre l’ignorance religieuse. Pour ce faire, ils ont été conduits à promouvoir une science de la foi et une morale à destination des masses. L’analyse des législations et des pratiques éducatives relève combien l’enseignement du catéchisme, à l’école et en paroisse, a pu fournir un cadre de formation du citoyen idéal au regard des Églises aussi bien que des États. L’ouvrage, comportant une trentaine de contributions s’interroge d’abord sur les origines de l’institution catéchistique.
L’ouvrage est de très haute qualité. Par le biais d’une approche interdisciplinaire du catéchisme, il met en lumière les problèmes majeurs de nos sociétés. A.F. (Revenir à la liste des ouvrages recensés) Giguère, Paul-André.- Une foi d’adulte, Ottawa, Novalis, Coll. L’horizon du croyant, 1991, 179 p. C’est à partir de son expérience d’accompagnement auprès d’adultes ainsi qu’à la lumière des études de psychologie évolutive que l’auteur nous livre ici une réflexion approfondie sur la maturation de la foi des adultes. Sur le plan de la foi, beaucoup connaissent un jour l’épreuve ; ils ont le sentiment de décrocher et de “perdre la foi”. Quel accompagnement digne de foi - et digne de la foi - leur proposer ? Dans une première section “adulte et foi”, l’auteur souligne que la vie adulte n’est pas un long fleuve tranquille. Elle peut, certes, être caractérisée par des constantes : l’autonomie, l’expérience, l’exercice de rôles sociaux, l’appréciation du temps à sa juste valeur. Mais, au-delà de ces constantes, il faut reconnaître que chaque adulte, particulièrement sur le plan de la foi, a son itinéraire propre. Aussi bien, insiste l’auteur, l’exigence fondamentale de tout accompagnement est d’autoriser cette différence et, dès lors, de présenter l’expérience du croire non point comme appropriation d’un modèle tout fait, mais comme ouverture sur l’inédit, comme mouvement vers l’avant et finalement comme naissance à soi-même - non sans travail, stagnations, détours ou résistances - dans la libre et joyeuse reconnaissance de la grâce de Dieu. N’est-ce pas ce que la tradition spirituelle appelle conversion et combat spirituel ? Dans une deuxième section “une foi d’adulte”, l’auteur présente, exemples à l’appui, les six étapes du développement de la foi selon James Fowler. Les études de psychologie évolutive peuvent offrir, en effet, des points de repères utiles pour comprendre et favoriser les parcours de foi des adultes, tout en respectant cependant ce que chacun a d’inédit. L’auteur s’attache en particulier aux moments de transition. Il en analyse les quatre phases : l’anticipation, la rupture, l’apprivoisement et l’intégration. Les adultes sont souvent seuls pour opérer ces passages. Le défi, dès lors, qui se pose à la communauté chrétienne est de leur offrir un dispositif d’accompagnement, de discernement et aussi de rites qui puisse les aider à franchir les passages difficiles de leur vie et de leur foi. Enfin, dans une troisième section, l’auteur s’efforce de préciser les traits d’ une foi adulte. Trois premiers traits caractérisent la maturité de la foi :
Ces trois premiers traits de la foi adulte vont de pair avec l’épanouissement humain. Mais la foi est aussi dépassement de l’humain ; elle est même appelée à s’affermir quand l’humain défaille. Ainsi, aux trois traits déjà cités, peut-on en ajouter trois autres.
Accomplissement et dépassement de l’humain, la vie chrétienne adulte est finalement, à la suite du Christ, ouverture toujours recommencée, à l’autre et au Tout-Autre. « La relation à l’autre est vraiment au cœur du devenir humain et ce n’est pas sur un autre terrain que la révélation chrétienne envoie les croyants. » (p.169) Puissent les communautés chrétiennes être le lieu et le soutien d’une telle ouverture. A.F. (Revenir à la liste des ouvrages recensés) Fossion, André.- Dieu toujours recommencé. Essai sur la catéchèse contemporaine. Bruxelles / Montréal / Paris / Genève, Lumen Vitae / Novalis / Le Cerf / Labor et Fides, Coll. Théologies pratiques, 1997, 224 p. Rares sont les recueils d’articles qui forment un ensemble aussi cohérent que le présent ouvrage. Pour y parvenir, il n’a fallu à l’auteur que de remanier et de compléter quelques-uns de ses quatorze textes déjà publiés au cours des cinq dernières années. Ce bel et stimulant ensemble n’est pas une méthode catéchétique parmi d’autres, mais une aide ponctuelle et efficace, destinée aux catéchistes et aux professeurs de religion, pour qu’ils puissent surmonter l’actuelle rupture entre l’Évangile et la culture. En effet, la catéchèse, pourtant en plein renouvellement, semble se trouver aujourd’hui « au milieu du gué, en situation de passage, à égale distance entre ce qui meurt et ce qui advient. » (p. 8) Elle a donc besoin de passer par des mutations nécessaires dans le dialogue avec la culture actuelle. Les réflexions que l’on trouve ici ouvrent de nouveaux horizons pour le renouveau de la catéchèse sans prétendre d’en fixer le terme. 1) Les réflexions de l’auteur progressent en trois étapes. Elles commencent par l’examen du nouveau rapport culturel au religieux et l’analyse des défis majeurs que la culture actuelle lance à la catéchèse : culture du sujet et de la communication, culture démocratique, critique, scientifique et technique. Pour relever ces défis, l’auteur désigne trois dispositifs catéchétiques qui lui semblent être les plus aptes à capter les aspirations et les recherches du monde contemporain :
Un très beau chapitre sur les attitudes spirituelles que le catéchiste est appelé à cultiver aujourd’hui dans l’acte catéchétique termine cette première partie du livre. 2) Trois études théoriques constituent la deuxième partie de l’ouvrage :
Ce sont des questions de fond qui permettent de mener la pratique de manière plus consciente. 3) Ce recul théorique sous-tend les sept questions pratiques abordées dans la troisième partie. Il y est question notamment :
Le langage de l’auteur est toujours accessible. Ses idées sont justes et stimulantes. La tâche qui attend les catéchistes selon ses vues est cependant très exigeante. Peut-être devraient-ils lire et assimiler les différents chapitres progressivement, en fonction des problèmes qu’ils rencontrent dans leur enseignement, pour ne pas se décourager. L.P. (Revenir à la liste des ouvrages recensés) Gagey, Henri-Jérôme.- La nouvelle donne pastorale. Paris, Éd. de l’Atelier, 1999, 144 p. Devant la société française sécularisée et la « crise » affectant l’Église de France « âprement travaillée par la question de son avenir », le professeur de l’Institut Catholique de Paris, qui a participé à l’élaboration de la récente « lettre aux catholiques de France », indique et manifeste à quel point « nous sommes en train de changer de monde. »
Retenons en particulier trois aspects mis en valeur, dont les conséquences pastorales sont claires :
Avec Ch. Perrot, l’auteur souligne que les multiples guérisons de Jésus sont d’abord d’ordre pratique (le salut concerne l’homme tout entier…) avant d’être apologétique. Inspiré de diverses interventions de l’Auteur, ce livre de synthèse traite en un langage parfois abstrait et réflexif des questions chaudes de la pastorale actuelle en Occident. À qui le suivra jusqu’au bout, des perspectives apparaîtront peu à peu ; d’où les clefs qui ornent la couverture de ce livre. P.M.B. (Revenir à la liste des ouvrages recensés) Gagey, Henri-Jérôme - Villepelet, Denis (Dir.).- Sur la proposition de la foi, Paris, Éd. de l’Atelier, 1999, 176 p. En 1996, les Évêques de France adressaient aux catholiques une Lettre sur la proposition de la foi. Ils invitaient l’Église à engager un discernement évangélique sur la situation de la foi dans la société française. C’est cette Lettre qui fait l’objet, dans le présent ouvrage, d’une discussion entre des théologiens et experts, tous professeurs à l’Institut Catholique de Paris. Outre les deux directeurs de la publication, ont collaboré à l’ouvrage François Bousquet, Jean-Marie Donégani, Emmanuel Lafon, Geneviève Médevielle, Patrick Prétot, Jean-Louis Souletie et Claude Tassin. On notera en particulier la contribution du sociologue Jean-Marie Donégani qui souligne combien la Lettre envisage la situation religieuse de la France comme une chance pour la foi. Les transformations du rapport au religieux ne se sont pas faites contre l’identité chrétienne ; elles sont également le fruit de l’évolution interne du christianisme lui-même. Ainsi, dans le dynamisme même de la foi, la Lettre accepte-t-elle sans rechigner le pluralisme de notre temps et l’individualisme avec ce qu’il comporte de nécessaire attention à la liberté de chaque homme. La contribution de Denis Villepelet « Catéchèse et crise de la transmission » retiendra particulièrement l’attention des agents et responsables de la catéchèse. Il souligne quatre axes de réflexion pour la science catéchétique de demain :
Patrick Prétot, quant à lui, énonce des lignes directrices pour une pastorale sacramentelle et liturgique dans une perspective de « proposition. » Il convient, d’une part, de proposer des alternatives au modèle séculaire de la messe dominicale paroissiale sans remettre pourtant en cause sa place décisive.
Geneviève Médevielle appelle, quant à elle, la théologie morale à initier au discernement. Notre époque a redonné toute sa place au sujet dans les choix éthiques. D’où, souligne l’auteur, l’importance de l’accompagnement spirituel comme aussi de l’initiation à la foi, non point comme fondement de l’éthique, mais comme ce qui peut inspirer, motiver, consolider, dynamiser des choix éthiques. « Il est urgent de rendre possible une éthique qui prenne son souffle dans l’Esprit et dans la vie renouvelée en Christ. » (p. 130) L’ouvrage inspirera certainement tous ceux et celles qui veulent inscrire les divers champs de la pastorale dans une dynamique de proposition. A.F. (Revenir à la liste des ouvrages recensés) Bourgeois, Henri.- À l’appel des recommençants. Évaluations et propositions. Paris, Éd. de l’Atelier, Coll. Vivre, croire, célébrer, 2001, 138 p. On doit cet ouvrage au regretté Henri Bourgeois qui, sa vie durant, s’est tant consacré, avec intelligence et ferveur, à la vitalité du catéchuménat dans le monde contemporain. L’ouvrage aborde la question spécifique des « recommençants ». Ce terme désigne les baptisés qui sont quasiment en situation catéchuménale. Ce sont des baptisés qui ont été en contact avec le christianisme, qui ont pris distance vis-à-vis de leur appartenance à l’Église et plus radicalement de la foi elle-même et qui ont le désir - souvent fragile encore - non point de revenir à ce qu’ils ont quitté, mais de recommencer un parcours de foi, de nouvelle façon, en reprenant les choses à zéro, pas à pas, à partir de leurs propres interrogations. « Ils craignent de rencontrer une Église semblable à celle qu’ils ont plus ou moins connue et dont ils ne veulent plus. Ils se sentent donc appelés et en même temps prudents. Rien ne les agace autant que le langage du « retour. » Ce qui les intéresse, c’est ce qu’ils pourront être. Étant donné ce qu’ils ont été mais aussi étant donné ce qu’est le présent, le leur et celui des chrétiens. » (p. 20) On peut discuter à l’infini sur la pertinence du terme « recommençant », mais, souligne l’auteur, c’est celui que les intéressés utilisent eux-mêmes le plus spontanément. La nécessité s’impose aujourd’hui de proposer des parcours pour recommencer. Ces parcours s’inscrivent dans la ligne catéchuménale, avec une spécificité cependant. Car, malgré les points communs et les croisements possibles, il y a une différence effective entre les recommençants qui veulent « s’y remettre » et les catéchumènes qui sont désireux d’approfondir leur foi. L’auteur propose, en le développant, un parcours en trois moments :
L’ouvrage conclut par des indications pratiques sur l’accompagnement des recommençants et sur la formation des animateurs. Henri Bourgeois, en nous livrant son dernier ouvrage, nous donne le témoignage de sa passion pour l’Évangile et de son amour des hommes. Les perspectives qu’il trace constituent sans aucun doute une pastorale d’avenir. A.F. (Revenir à la liste des ouvrages recensés) Grieu, Étienne.- Nés de Dieu. Itinéraires de chrétiens engagés. Essai de lecture théologique. Paris, Le Cerf, Coll. Cogitatio fidei n° 231, 2003, 528 p. Faire de la théologie à partir de récits de vie, tel est le projet neuf, original et séduisant de l’ouvrage. La vie des chrétiens, en effet, peut être considérée, selon les termes de saint Paul lui-même, comme « une lettre du Christ, écrite non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs. » (2 Co 3.3) L’auteur a rassemblé les récits de 33 personnes appartenant à des sensibilités ecclésiales différentes (action catholique, vie paroissiale, groupes de prières, mouvement charismatique, accompagnement spirituel, communautés nouvelles, religiosité populaire, etc). L’auteur s’est attaché à l’analyse de l’intrigue de ces récits de vie en tant que ceux-ci mettent en scène « un devenir sujet » selon ses diverses composantes : le désir, la parole, les transformations, l’accomplissement, la reconnaissance des donateurs. C’est la métaphore de la filiation qui exprime le mieux, pour l’auteur, ce qui est en jeu dans cette opération du « devenir sujet » laquelle, dans l’expérience chrétienne, s’effectue sous le signe de la reconnaissance de Dieu. De là, le titre de l’ouvrage : Nés de Dieu . Trois grands moments de cette intrigue sont analysés :
Ainsi l’expérience croyante est-elle envisagée selon trois angles d’approche qui correspondent aux trois moments du devenir sujet : son advenue, sa mise à l’épreuve, son inscription dans le champ social. Pour chacun de ces trois moments, l’auteur énonce ce qui se dégage des récits de vie en confrontant ceux-ci, d’une part, avec un ensemble de textes bibliques significatifs et, d’autre part, avec des problématiques de théologie fondamentale (théologie de l’acte de foi), en particulier celles de Rahner et de Tillich. Les textes bibliques se trouvent enrichis par cette confrontation. Quant aux théologies fondamentales, elles peuvent elles-aussi se voir infléchies selon des accents nouveaux : le rôle de l’inconscient, par exemple, de la mémoire, des représentations, du corps, de la dimension de combat, etc… Comme l’auteur le note dans sa conclusion, la théologie fondamentale qu’il s’est efforcé de mettre en œuvre en analysant des récits de vie consiste à partir « du milieu de notre existence », une existence remplie de questions que l’on écoute en résonance avec la Révélation pour, ensuite, instruit par cette écoute - de l’expérience et de la Révélation - se risquer à une parole sur Dieu en se traçant ainsi un chemin de vie dans la foi, un chemin de foi dans la vie. Personne n’échappe au croire dans son « devenir sujet ». Le « devenir chrétien » vient s’articuler à cette « foi première » comme une manière spécifique d’advenir à soi-même face aux autres et dans le monde par l’accueil de la Révélation telle qu’elle est portée par l’Église. Cet accueil de la Révélation, en raison de l’économie de gratuité dans laquelle nous sommes pris, n’est pas nécessaire pour qu’émerge l’humanité. Mais, les récits de vie des chrétiens manifestent combien leur foi, dans sa légèreté comme dans sa gravité, honore la vie humaine en la revêtant d’authenticité, de justesse et de vérité. La foi chrétienne s’éprouve ainsi comme salutaire pour la vie. Ainsi est-ce la question du salut qui est repensée :
A.F. (Revenir à la liste des ouvrages recensés) Routhier, Gilles.- Le devenir de la catéchèse, Montréal / Paris, Médiaspaul, Coll. Pastorale et vie n° 17, 2003, 104 p. Nos Églises, nos paroisses sont-elles encore capables d’enfanter à la foi ? Telle est la question radicale que pose le présent ouvrage. En un temps de crise de la transmission de la foi, l’auteur s’interroge sur les conditions et sur les modalités de l’engendrement à la foi qui, bien entendu, implique la grâce de Dieu et la liberté humaine mais aussi les actes instituants que sont l’initiation chrétienne et la catéchèse. Engendrer à la foi, c’est faire passer à une vie nouvelle ainsi qu’à une nouvelle appartenance. L’identité du sujet est ici en cause ainsi que sa manière de se percevoir en relation. Cette catéchèse initiatique requiert de « sortir des impasses dans lesquelles nous tiennent les logiques de l’administration des sacrements conçues comme des « choses » conférées par des clercs pour le bénéfice des laïcs. » (p. 18) Il s’agit aussi de dépasser résolument l’idée que les sacrements de l’initiation chrétienne sont des sacrements d’étapes psychologiques. L’enjeu fondamental pour engendrer à la foi et pour dépasser l’administration des sacrements, c’est de fournir des lieux d’expérience d’un vivre ensemble au nom de l’Évangile : des lieux aussi d’écoute, de partage et de célébration de la Parole. Cela suppose que, sans peur, on aille vers un christianisme de la proposition qui interpelle la liberté et le désir de devenir chrétien à tous les âges de la vie, que l’on propose les sacrements de l’initiation chrétienne non comme des étapes fixées à l’avance pour tous, mais au rythme de la maturation du désir de sujets libres qui s’engagent dans la foi et approfondissent leur lien avec la communauté chrétienne.
Ces perspectives nouvelles - qui rejoignent en réalité la tradition catéchétique - entraîne à un ensemble de passages :
L’auteur souligne pour terminer que le défi catéchétique concerne toute la communauté chrétienne et que la tentation serait d’en faire porter la responsabilité sur d’autres ou sur quelques-uns : Tous et toutes ont une responsabilité à exercer. L’essentiel est que chacune et chacun puisse apporter le peu qu’il a. Notons que l’auteur, pour penser le défi catéchétique aujourd’hui, le met opportunément en résonance avec des textes bibliques : Sara la stérile qui néanmoins enfante, l’exode et l’invitation au passage, le récit dit de la multiplication des pains et l’engagement responsable : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Un ouvrage à recommander vivement à tous les acteurs de la catéchèse et de la pastorale. A.F. (Revenir à la liste des ouvrages recensés) Routhier, Gilles - Viau, Marcel (Dir.).- Précis de théologie pratique. Montréal / Bruxelles, Novalis / Lumen Vitae, Coll. Théologies pratiques, 2004, 824 p En quelques 800 pages, ce livre fait le point sur les développements récents de la théologie pratique (TP) ; c’est le fruit d’une collaboration entre chercheurs catholiques et protestants de Belgique (malheureusement sous-représentée), Canada, France et Suisse. Je relèverai le caractère très dynamique de l’ouvrage : dans sa deuxième section tous les titres de chapitres commencent par un verbe. C’est un livre qui nous parle d’une Église en marche, où tous sont coresponsables, une Église qui dialogue en son sein comme avec le monde et les cultures, une Église qui propose la foi, une Église solidaire, une Église qui réfléchit à son action. Bref, une Église qui continue à chercher comment, avec déjà un peu de recul, poursuivre son renouvellement tel que l’a souhaité Vatican II. Comme c’est souvent le cas pour des ouvrages collectifs, les productions sont inégales. Dans ce rapide compte rendu, j’attirerai l’attention du lecteur sur les articles qui m’ont semblé les plus riches et les plus novateurs. L’ouvrage comprend deux sections.
Toujours autour de ce lien entre théorie et pratique, relevons un dernier article qui aborde déjà la mise en pratique en soulignant l’enjeu qu’il y a aujourd’hui de la part des acteurs religieux (prêtres ou pasteurs) à donner à tous des mots pour dire leur expérience religieuse afin que tous puissent devenir acteurs de la vie ecclésiale. (F. Moser) La deuxième section s’arrête aux « actes fondateurs » de la TP. Sous le verbe « Proclamer », on trouve différentes contributions tournant autour de la proposition de la foi. Comment faire du neuf, avec notre belle et longue tradition ? Tel est le questionnement qui traverse plusieurs articles : il y a des sites traditionnels de l’annonce à revisiter, et des sites nouveaux à explorer ( J.-F. Zorn ) ;
il faut repenser le questionnement théologique à partir du questionnement existentiel de l’homme contemporain ( J.-L. Souletie ) ;
Suivent quelques applications intéressantes :
Soulignons la qualité de tous les articles présentés dans la partie « Célébrer » :
Beaux articles également sur la relation entre expression artistique et réflexion théologique (G. Hébert) et sur l’acte de prier (M. Donzé ). Les deux dernières parties sont plus inégales. Autour du verbe « Développer », la troisième partie s’intéresse au « faire Église », à la construction d’un « nous ecclésial » à travers un parallèle entre vie trinitaire et vie ecclésiale (M.-H. Lavianne). Attirons l’attention sur deux contributions de G. Routhier : l’une sur le gouvernement ecclésial, comme service de la communion (bien complétée par un article de G. Baillargeon sur la présidence tant liturgique que de la communauté) ; l’autre sur le « marcher ensemble ecclésial » qui doit pouvoir conjuguer les relations longues (grands rassemblements) et les relations courtes (espaces de dialogue interne).
La partie « Soutenir » commence par inviter à l’attention à tout ce qui germe dans le rayon des solidarités multiples ( L. Baroni ). S. Lefebvre s’interroge sur comment agir dans la sécularité, entre discrétion et cléricalisation, tout comme J. Racine qui constate la pertinence pour déployer un agir cohérent de regroupement des chrétiens travaillant dans les mêmes secteurs professionnels. Pour clore le livre, divers articles rendent compte de la présence des chrétiens auprès des malades, des plus démunis, des aînés, des jeunes, des familles, de l’étranger. Relevons la réflexion très bien construite d’É. Grieu (Construire avec les jeunes) et l’interpellation de J.-L. Brunin sur l’accueil de l’étranger. À chacun maintenant d’aller puiser dans ce livre, selon ses engagements et centres d’intérêt, des pistes … et des énergies pour l’action ! C. Ch. © 2001-2007 Catho-Theo.net
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