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Dernière mise à jour : juillet 2008 |
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Les fins dernières
7 (2008/3) : 393-397. Présentation de l’éditeur [1]La crise du discours actuel de l’Église sur les fins dernières est profonde alors même que, placé sous la référence à un au-delà de la mort, ce discours a connu une grande faveur des catholiques au XIXe siècle. L’espérance chrétienne qui s’exprimait dans ces discours et dans les pratiques de dévotion autour des défunts, était portée par la figure de l’attente religieuse de voir Dieu. Cet ouvrage, fruit d’interventions qui ont eu lieu le 10 novembre 2006 à l’Institut catholique de Paris lors d’un colloque « jubilaire » à l’occasion du 150e anniversaire de la fondation des Sœurs Auxiliatrices des Âmes du Purgatoire, entend réexaminer cette question trop négligée et comprendre l’intérêt de l’affirmation chrétienne des fins dernières pour la connaissance du salut et la contribution de la théologie aux défis de notre temps.
Avant-proposLa genèse de la question« Pourquoi ne pas nous parler des fins dernières ? » demandaient nos étudiants en théologie lors de la sélection des thèmes qu’ils aimeraient voir abordés lors de colloques prochains. Contemporains d’une période où la prédication de l’Église s’était faite très discrète sur le sujet, mais fréquentant les écrits des saints et des spirituels, ces étudiants voyaient bien que le devoir de « rendre compte de l’espérance qui est en nous » prôné par l’apôtre Pierre (1 P 3, 15) oblige le théologien à témoigner du mystère de la vie éternelle et donc à revisiter le thème classique des fins dernières. Car parler des fins dernières, c’est parler, pour le croyant, de la venue de Dieu et de sa rencontre. Après un long silence des théologiens sur l’au-delà, les fins dernières et tout particulièrement le ciel, l’enfer et le purgatoire, on assiste à un regain d’intérêt pour ces réalités. Il suffit de faire une recherche sur le web pour obtenir quelque cinq cent cinquante mille références en un clic ! Pour autant, ce regain d’intérêt mérite discernement car à côté d’entreprises pastorales cohérentes avec la foi de l’Église catholique, d’autres sont plus tributaires d’un renouveau de spiritualisme qui n’a rien à voir avec la foi et l’espérance chrétiennes. Cet ouvrage est le fruit des réflexions qui se sont tenues le 10 novembre 2006, lors d’un colloque organisé par la faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Institut catholique de Paris à l’occasion du cent cinquantième anniversaire de la congrégation des Sœurs Auxiliatrices. Il n’est pas commun d’ouvrir la réflexion théologique à partir d’un tel événement. Mais, lorsqu’il existe un institut religieux dont le charisme touche aux fins dernières, au purgatoire et à la communion des saints, un institut qui continue à intégrer des jeunes femmes qui se passionnent toujours pour « aider tous les hommes, principalement ceux qu’on oublie et ceux qui souffrent, jusqu’à leur rencontre définitive avec Dieu », alors mieux comprendre ce qui les anime et mieux comprendre en quoi ce qui les fait vivre peut avoir du prix pour d’autres, dans l’Église et dans la société actuelles. Il s’agit, comme le rappelait le doyen Philippe Bordeyne en introduction à la journée, « d’une manière universitaire de faire de la théologie qui ne congédie pas nos expériences de foi et d’humanité. Au contraire, elle les sollicite. La théologie se nourrit de la foi vécue dans les drames et les espérances de l’histoire humaine. En faisant jouer la distanciation propre à la réflexion universitaire, le pari est que nous approcherons mieux ce qu’apporte au trésor de l’Église une congrégation fondée en plein XIXe siècle pour assister les âmes du purgatoire. Dans cette référence à un au-delà de la mort dont les historiens ont montré à l’envi les intérêts séculiers, qu’est-ce qui se joue en réalité de la compréhension de l’être humain, de son insertion dans une histoire collective et cosmique, de sa vocation à vivre la rencontre de Dieu, aujourd’hui, demain et pour l’éternité ? En quoi l’affirmation chrétienne des fins dernières est-elle décisive pour la connaissance du salut et pour la contribution de la théologie aux défis de notre temps ? » [2] Pour autant, le colloque ne s’est pas transformé en observatoire de la spiritualité et des pratiques des Auxiliatrices dont ce livre serait le témoin. Ce fut plutôt l’occasion d’articuler autour de l’urgence de la rencontre de Dieu une parole théologique pour le présent. Mais impossible de parler des fins dernières et du désir de la rencontre de Dieu sans contextualisation. Les représentations de l’au-delà médiéval et du XIXe siècle ne sont pas si homogènes qu’on le croit. Par le façonnement d’un nouvel imaginaire de la mort, les années du Second Empire que la fondatrice des Auxiliatrices a vécues ont joué un rôle décisif dans le « reflux contemporain de l’imaginaire religieux », soutient l’historien Guillaume Cuchet . [3] « L’acte de foi, privé des représentations qui le soutenaient, est devenu beaucoup plus coûteux et donc plus difficile à consentir pour la conscience croyante . » [4] Pourtant, parce que nous croyons qu’en Jésus-Christ, nous sommes déjà passés de la mort à une vie nouvelle et que nous attendons le moment où Dieu se fera tout en tous, il nous faut pouvoir aujourd’hui retrouver une parole sur l’accomplissement en Dieu et sur l’eschatologie. À quels discernements nous oblige la foi chrétienne et comment s’appuie-t-elle, en cela, sur la relecture de la tradition par les grands théologiens contemporains ? La pratique eucharistique, qui fait mémoire de l’avenir d’une humanité solidaire tout autant que de l’histoire du salut réalisé dans le mystère pascal, devient un lieu de réflexion obligée pour comprendre comment « vivants et morts, si radicalement séparés dans leur chair, se retrouvent peuple immense rassemblé dans l’attente des derniers jours, sous le signe de la Résurrection ». [5] Le lecteur trouvera ici non seulement une somme d’articles de théologiens et d’Auxiliatrices présents à ce colloque, mais encore un petit livre accessible aux étudiants et à toute personne désireuse de mieux comprendre aujourd’hui pourquoi nous ne pouvons pas, comme baptisés dans la mort et la résurrection du Christ, renoncer à penser le mystère de la rencontre avec Dieu, c’est-à-dire le mystère des fins dernières. Geneviève M
Professeur de théologie à l’Institut catholique de Paris
TableAvant-propos : La genèse d’une question 7 Introduction : La promesse d’une communion universelle. Eugénie Smet, fondatrice des Sœurs Auxiliatrices, par Sylvie Robert 11 Première partie : LA MÉMOIRE PROVOCATRICE 19 La question des « fins dernières » au XIXe siècle, par Guillaume Cuchet 27 De l’espérance de la Vision à l’incertitude du salut, par Gilles Berceville 36 Eucharistie, charité et eschatologie, par Patrick Prétot 61 Deuxième partie : ESPÉRER ENCORE 89 L’eschatologie et le renouvellement de la création, par Jean-Louis Souletie 93 La christologie du « Samedi saint » dans la sotériologie de Hans Urs von Balthasar, par Vincent Holzer 109 Troisième partie : L’URGENCE DE LA RENCONTRE 125 L’urgence de l’Heure dans les Exercices de saint Ignace de Loyola, par Sylvie Robert 129 La Charité et l’urgence de la rencontre de Dieu, par Geneviève Médevielle 151 Annexe sur les Sœurs Auxiliatrices 167 [1] Les fins dernières, sous la direction de Geneviève M [2] Philippe B [3] Guillaume C [4] Ibid. [5] Régine © 2001-2008 Catho-Theo.net
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