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Dernière mise à jour : 20 mai 2002 |
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Mélanges offerts à Mgr Joseph Doré
La responsabilité des théologiensÀ l’initiative de quatre de ses anciens étudiants et collègues à l’Institut Catholique de Paris, cette publication de 879 pages rassemble les contributions de près de 65 auteurs, désireux d’exprimer leur amitié et leur reconnaissance à celui qu’ils ont fréquenté dans diverses instances théologiques. Certains l’on connu à ses débuts dans le diocèse de Nantes ; ils ont été ses confrères dans la compagnie des prêtres de Saint-Sulpice dans le cadre de laquelle il a exercé les fonctions de directeur spirituel dans les séminaires de Nantes, tout d’abord, puis de l’Institut Catholique de Paris, ensuite. D’autres auteurs ont enseigné ou enseignent encore à la Faculté de Théologie et de Sciences Religieuses de l’Institut Catholique de Paris dont il fut le doyen où ils participent activement à la vie de la communauté théologique universitaire francophone, que Mgr Doré a servi particulièrement comme secrétaire de rédaction de la revue jésuite de théologie Recherches de Sciences Religieuses. D’autres enfin, appartiennent à la grande communauté théologique internationale à laquelle Mgr Doré a apporté son concours comme membre de la Commission Théologique Internationale ou comme membre de l’Académie Internationale de Sciences Religieuses dont il fut plusieurs années le président. Catho-Theo.net a le plaisir de présenter le contenu de cet ouvrage qui nous est donné par un extrait de son introduction. Ce livre est un hommage au théologien Joseph Doré. Ceux qui ont accepté d’y contribuer voulaient l’honorer comme collègue, ami ou maître, en raison de ce qu’ils ont reçu de lui. Mais pour que ce soit vraiment un hommage, il fallait que ce soit un livre, c’est à dire un véritable ouvrage, unifiant les textes rassemblées selon une intention théologique précise susceptible de saluer sa contribution la plus personnelle à l’œuvre de la communauté des théologiens. Or, du programme qu’il en a lui-même esquissé à plusieurs reprises, il ressort que la contribution essentielle de Joseph Doré s’inscrit dans le champ de la théologie fondamentale, où elle propose une intelligence renouvelée de la pratique de la théologie considérée dans son ensemble comme l’exercice d’une « responsabilité », d’où le titre et le plan de cet ouvrage. Le plan s’inspire de la manière éminemment organique dont Joseph Doré a toujours présenté l’unité du service accompli par les théologiens dans la diversité de leurs spécialités disciplinaires, de leurs enracinements ecclésiaux, culturels, etc., et dans la variété des tâches auxquelles ils se livrent : enseigner, débattre au sein de la communauté universitaire et de la communauté ecclésiale, articuler théorie et pratique, d’une part, dimension critique et confessante de l’autre. Mais l’unité de cette succession tient à ce que, à chacun de ces niveaux, les théologiens mettent en œuvre une responsabilité précise à l’endroit de l’intelligence de la foi, dont il nous faut ici dire quelques mots. Que les théologiens aient à faire preuve de responsabilité au sens où ils se trouvent soumis à un triple impératif de fidélité doctrinale, de rigueur académique et enfin de fécondité pastorale, est une chose connue. Mais si le concept de responsabilité peut être désigné comme un concept fondateur pour qui entend penser l’acte théologique en tant que tel, c’est qu’il engage bien plus : l’exigence constitutive pour la théologie de se rapporter sans cesse à ses conditions effectives de possibilité, d’une part, et à ce qu’elle rend elle-même possible dans le mouvement son effectuation, d’autre part. Faute de cela elle ne peut que sombrer dans l’insignifiance ou le formalisme. Cette compréhension de la responsabilité des théologiens a trouvé une expression aussi ramassée que suggestive dans ces deux aphorismes si souvent entendus de la bouche de Joseph Doré : « la théologie va de la foi à la foi » et « les conditions de la chose appartiennent à la chose ». Dire que la théologie va de la foi à la foi c’est, comme la théologie dialectique nous y a accoutumé, récuser une théologie qui prétendrait pouvoir occuper une position d’extériorité à l’endroit de la Révélation de manière à pouvoir en juger, ce qui signifie in fine s’y soustraire. Mais c’est seulement en joignant cette première formule à la seconde qu’elle échappe au risque d’enfermement circulaire si souvent dénoncé dans le radicalisme barthien. Les auditeurs du cours de christologie de Joseph Doré à l’Institut Catholique de Paris reconnaîtront aisément ici une référence à la fameuse question du « point de départ de la théologie » dont il traitait abondamment, en soulignant que la foi dont la théologie part et où elle aboutit, c’est la foi vécue à même le terrain de la vie de l’Église dans toutes ses dimensions historico-sociales. C’est pourquoi la théologie comme intellectus fidei se doit de penser la foi en se rapportant d’emblée au réseau des pratiques au sein duquel elle advient. Dès lors, l’exigence de fidélité par rapport à « la chose » à penser prend nécessairement la forme d’un engagement responsable à l’endroit des « conditions » qui la rendent possible. C’est ce qui ressort de la manière dont Joseph Doré s’est lui-même engagé dans la tâche théologique en refusant qu’elle lui fournisse seulement l’occasion de publier ses pensées. À ses yeux en effet, il était tout à fait essentiel pour un théologien de se préoccuper des conditions de la réception de son discours. Comme il le répétait souvent, « on ne sait pas vraiment ce que l’on a dit tant que l’on n’a pas vérifié la réception que l’on a obtenu. Voilà pourquoi, insistait-il, » les choix pédagogiques sont intrinsèquement des choix théologiques " dans la mesure où ils conditionnent l’effectuation dans l’esprit du récepteur du chemin de pensée à lui ouvert par l’émetteur du discours émis. Dans le même sens, peut-on ajouter, toute initiative théologique, dans le domaine de l’enseignement, de la pédagogie, de l’expertise ecclésiale, etc., se trouve déterminée en sa signification même par les conditions de sa mise en œuvre, parce qu’il en va ici encore de l’effet concret, de l’effet historique, qu’elle produira sur ceux qu’elle atteindra et sur les institutions auxquelles ils appartiennent. Autrement dit, l’exercice de responsabilités institutionnelles (au plan académique, éditorial, etc.) constitue un part intrinsèque de l’acte théologique et pas seulement un labeur administratif de second ordre. Tentant d’honorer cette exigence qui s’impose à la théologie de prendre sur soi l’historicité qui la caractérise, ce livre rassemble une série d’études expressément composées pour sa publication, en réponse à une proposition élaborée de ses promoteurs. J. Doré était familier de cette façon de faire de la théologie qu’il justifiait par cet autre aphorisme : « la théologie se fait dans le débat. » Les intuitions proprement théologiques à laquelle il a voué ses forces au cours de sa carrière académique et qu’il poursuit encore aujourd’hui au titre de sa responsabilité d’archevêque de Strasbourg trouvent une puissante confirmation dans les contributions qui lui offrent les collègues qui ont accepté d’entrer dans ce type de travail collectif avec les contraintes que celui-ci leur imposait. Les promoteurs de l’ouvrage :
F. Bousquet - H-J. Gagey - G. Médevielle - J-L. Souletie © 2001-2007 Catho-Theo.net
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