Dernière mise à jour : 15 avril 2007

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Faculté de Théologie de l'Institut Catholique de Paris

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La Transeuphratène à l’époque perse

  Jesús Asurmendi
Professeur d’Ecriture Sainte (Ancien Testament) à la Faculté de Théologie et de Sciences Religieuses de l’ICP
Président de l’Association pour la Recherche sur la Syrie à l’époque Perse

Site web : Page de Jesús Asurmendi sur le site de l’ICP

Transeuphratène est le nom de la satrapie de l’empire perse qui comprend la Syrie et la Palestine, et, logiquement, le nom de la revue de l’Association pour la recherche sur la Syrie-Palestine à l’époque Perse.

L’Association pour la recherche sur la Syrie-Palestine à l’Époque Perse (ASPEP) a organisé son VIIe Colloque International du 22 au 24 Mars 2007 à l’Institut Catholique de Paris, la Faculté de Théologie et des Sciences religieuses étant partenaire de l’Association et organisatrice du Colloque.

Il s’agit d’un colloque pluridisciplinaire sur « La Transeuphratène à l’époque perse : frontières et courants d’échanges culturels.  » 35 communications d’une trentaine de minutes, suivies d’un échange des participants au Colloque, ont été présentées. Cet ensemble peut être divisé en deux grands blocs :

  • interventions directement liées aux textes et questions propres à l’Ancien Testament
  • et contributions relevant d’autres disciplines et champs de recherche.

Dans le cadre du premier bloc, un thème récurrent par rapport aux « frontières et courants d’échanges culturels » est celui des « mariages mixtes. » (Esd 9-10) Deux communications abordaient le sujet explicitement. Dans l’une d’elles on soulignait le fait que cette frontière était cultuelle et qu’elle ne constituait en aucun cas une répudiation ou un divorce. Dans une autre on mettait en avant les indices tendant à montrer que « l’étrangeté » de ces femmes n’était peut-être pas tant du point de vue ethnique que sociale indiquant ainsi que cette affaire révélait des conflits intérieurs à la communauté de Jehud. Une autre contribution traitait du livre de Ruth comme exemple de la transgression des frontières « ethniques » dans un contexte où certains groupes tendaient à créer justement des frontières à l’intérieur de la communauté en s’appuyant sur certains textes du Deutéronome.

Certaines communications tentaient de montrer la vision idéologique qui présidait à la présentation des frontières géographiques. » Deux visions différentes s’opposant dans les livres d’Esdras-Néhémie d’une part et dans ceux des Chroniques d’autre part. Laissant aussi de côté la dimension historique de la figure d’Esdras, une autre intervention s’attardait sur le contraste entre la présentation de la figure d’Esdras dans son action politico-religieuse et le livre du Deutéronome. En effet, celui-ci établit des frontières entre le profane et le religieux, fait une nette distinction des pouvoirs royaux et judiciaires tandis que dans l’action d’Esdras ces frontières s’estompent.

Un troisième groupe de contributions s’orientait plutôt vers l’histoire de la composition du texte biblique. Tandis qu’on soulignait l’influence de la littérature sapientielle dans les autres corpus de l’Ancien Testament, tel autre montrait surtout le processus global de la formation du Pentateuque ; la Loi du Sinaï serait le noyau qui permit de rassembler autour de lui d’autres traditions. Une autre communication montra comment certains aspects de la figure de Moïse dans le Pentateuque actuel relevaient de traditions périphériques de l’époque perse et après, qui permettaient de répondre à certaines difficultés que des communautés de la diaspora rencontraient dans leur environnement. On montra aussi comment le sanctuaire du Garizim était justifié en Dt 27 montrant par là la volonté de ce texte « d’intégrer » les « samaritains. » Enfin, une comparaison entre la figure d’Esdras et Xénophon montrait les similitudes du portrait du gouverneur dans les deux textes.

Un florilège de problèmes et de textes fut ainsi abordé montrant une fois encore qu’une meilleure connaissance de la période perse devient de plus en plus indispensable pour l’exégète de l’Ancien Testament. Que ce soit du point de vue littéraire, historique ou théologique, les défis sont plus qu’abondants.

Le deuxième bloc de communications de ce VIIe Colloque touchait des domaines variés : archéologique, historique, épigraphique, numismatique. Il serait impossible de résumer l’ensemble de ces apports que l’on retrouvera dans la prochaine publication des communications du Colloque. Le bibliste était surtout intéressé par l’intervention qui montrait la coexistence dans le monde des sémites occidentaux, donc dans la Bible, d’une religion iconique et aniconique. De même le rapprochement du sacrifice de la fille de Jephté avec les sacrifices humains appelés mlk.

Un colloque riche qui ouvre beaucoup de perspectives et stimule fortement l’intérêt des biblistes tout en les poussant à élargir leurs horizons et à travailler dans une véritable pluridisciplinarité.



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