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Dernière mise à jour : 15 septembre 2002 |
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Enseignement du fait religieux dans l’École laïqueUn rapport stimulant de Régis Debray
Le 14 mars 2002, Régis Debray remettait au Ministre de l’Éducation Nationale d’alors, Jack Lang, un rapport qui aborde avec une vigueur suggestive la question de l’enseignement du fait religieux dans le cadre de l’école laïque. Il y recommande entre autres la création d’un Institut européen en Sciences des Religions destiné à la formation des professeurs de l’enseignement public. Pour des théologiens il s’agit d’un événement significatif qui mérite réflexion.
Spécialiste bien connu de Sciences Religieuses, discipline qu’il enseigne à l’Institut Supérieur de Sciences Religieuses à l’Institut Catholique de Paris, Jean-Joncheray a été amené à lire de près ce rapport et à en débattre directement avec son auteur. Nous sommes heureux de publier ici son point de vue.
Le 14 mars 2002, Régis Debray remettait au Ministre de l’Education Nationale, Jack Lang, le rapport que celui-ci lui avait demandé sur L’enseignement du fait religieux dans l’Ecole laïque. S’inscrivant dans la lignée d’autres rapports, comme celui du Recteur Joutard, de 1989, ce texte, qui précise les attendus, les résistances et les contraintes d’une prise en compte du « fait religieux » dans le cadre de l’école laïque, s’intéresse tout particulièrement à la formation des enseignants et l’on retiendra, parmi les recommandations qu’il propose, la création d’un « Institut européen en Sciences des Religions, identifiable sur la scène internationale et dont la ’V° section’ (de l’EPHE) serait le fer de lance ». On ne peut que saluer d’une façon positive la qualité du rapport et l’ouverture qu’il propose envers « une approche raisonnée des religions comme faits de civilisation », dans le cadre des enseignements donnés à l’école publique en France. Je retiens ici trois enjeux de ce rapport, qui ne peuvent laisser indifférents les théologiens catholiques. 1. « L’enseignement du religieux n’est pas un enseignement religieux » écrit le rapport, qui distingue une approche objectivante d’une approche confessante, ou encore entre le religieux comme objet de culture et le religieux comme objet de culte. Cette distinction est à la base du rapport, et nous pourrions dire qu’avec des termes proches, elle est admise d’une façon tout à fait officielle dans l’Eglise catholique : « Quand ils s’intéressent aux problèmes de la culture religieuse, les responsables de la catéchèse tiennent d’abord à faire la distinction entre culture religieuse et catéchèse », disait Mgr Plateau, archevêque de Bourges, lors d’un colloque en 1990. Et déjà Jean Paul II, en 1979, écrivait : « Il arrive que des écoles d’Etat mettent à la disposition des élèves des livres où sont présentées, à titre culturel - historique, moral ou littéraire - les diverses religions, y compris la religion catholique. Une présentation objective des faits historiques, des différentes religions et des diverses confessions chrétiennes peut ici contribuer à une meilleure compréhension réciproque. (…) De toute façon, ces manuels ne sauraient évidemment être considérés comme des ouvrages catéchétiques. » (Catechesi Tradendae n° 34). Cela implique des situations institutionnelles et des déontologies différentes pour l’enseignant et pour le catéchiste. Toutefois il importe que l’approche culturelle ne soit pas seulement une approche érudite et aseptisée. Elle doit ouvrir sur les questions de sens, questions de fond que se posent tous les êtres humains. Car c’est bien de cela que parlent les religions. Le rapport affirme que « la quête de sens est bien une réalité sociale dont l’Education Nationale ne peut faire litière ». Il sera donc intéressant de voir comment ces questions seront ici traitées. 2. Quelle laïcité ? C’est la question que pose le 4e chapitre du rapport. On peut donc se demander ce que recouvre ce mot. Il est possible, par exemple, distinguer trois niveaux
Il semble que le rapport, souhaitant passer d’une laïcité d’incompétence à une laïcité d’intelligence, se réfère aux deux premiers niveaux et qu’il prend ses distances par rapport au 3° niveau quand il récuse une laïcité qui s’apparenterait à une contre religion d’Etat. 3. La place des facultés de théologie. Elles sont citées trois fois dans le rapport. La première fois on note qu’elles permettent une approche objectivante et confessante sans que les deux ne se fassent concurrence. Sans doute, au niveau des jeunes scolaires ou étudiants, convient-il d’être prudent si on donne la parole à des témoins dans le cadre de l’enseignement public. Mais au niveau de la formation des enseignants il serait dommage de se priver de l’approche qui est celle de la théologie universitaire, à la fois objectivante et confessante. On peut estimer que le rapport est un peu timide à ce sujet. © 2001-2007 Catho-Theo.net
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