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Dernière mise à jour : 14 décembre 2004 |
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Biographie du Prof. Elochukwu UZUKWU, C.S.Sp
Le professeur Uzukwu est l’une des figures qui ont donné ses lettres de noblesse à la théologie africaine [1]. Il enseigne la Missiologie, la Liturgie et la Religion traditionnelle africaine au Milltown Institute of Theology and Philosophy, Dublin, Ireland. Il est également Professeur visiteur à St Patrick’s College Maynooth, Ireland, et à l’ISTR, Institut de Sciences et de Théologie des Religions, de l’Institut Catholique de Paris, sans oublier sa tâche de Rédacteur en Chef de la revue, « Bulletin of Ecumenical Theology », publié à Enugu, Nigéria depuis 1986. Né le 18 août 1945 à Nnewi, dans le pays Igbo, à l’Est du Nigéria, le professeur Uzukwu aime insister sur son enfance en milieu rural. Pendant celle-ci, le village était le lieu de la civilisation, alors que la ville était synonyme de la brousse. Le village était le lieu de l’initiation et de la transmission de la tradition comme grammaire pour la vie en société. Il se rappelle de la joie que l’on éprouve de marcher librement en tant qu’initié. Cette période sera déterminante pour le reste de sa vie. S’il tient à l’étude de la tradition Igbo, c’est parce qu’il estime avoir une dette à son égard. Après ses études théologiques au Grand Séminaire d’Enugu, il est ordonné prêtre en 1972 dans la Congrégation du St Esprit. Il assume alors des responsabilités pastorales, y compris comme sous maître de Novice. Il est envoyé plus tard au St Michael’s Collège de Toronto, Canada, pour des études en théologie des sacrements, surtout la Liturgie. Il y obtient une maîtrise de théologie ayant pour sujet : Anamnesis in Africa : The Jewish-Christian Concept of Memorial and the Igbo of Southern Nigeria(1976). Trois ans plus tard, il soutient une thèse de doctorat en Théologie, La bénédiction et l’action de grâce dans la tradition Igbo. Vers l’eucharistia Africana (1979). Il s’agit d’une étude sur l’histoire et la théologie de la prière eucharistique, en vue de composer une Prière Eucharistique en Igbo pour l’Église qui est à l’Est du Nigéria. La même année, le professeur Uzukwu entame une longue carrière d’enseignement. D’abord au Grand Séminaire de Brazzaville, Congo, et à la Faculté de théologie Catholique de Kinshasa. C’est là qu’il fait connaissance avec le cercle congolais qui a donné une grande impulsion à la théologie africaine : Vincent Mulago, Tharcisse Tshibangu, Ngindu Mushete, Oscar Bimwenyi-Kweshi. Il prodiguera ses conseils d’experts en liturgie aux pasteurs et théologiens de l’Église du Congo, au moment où celle-ci préparait le « Rite Zaïrois ». Cette expérience congolaise donnera naissance à son livre Liturgy, Truly Christian, Truly Africain (Garba Publications, Eldoret, 1982). En 1982, il retourne au Nigéria, d’abord comme professeur au Grand Séminaire d’Enugu, ensuite à l’Ecole spiritaine de Théologie : Spiritain International School of Theology, Attakwu, Enugu, Nigéria, dont il est l’un des pères fondateurs. Il y enseignera l’Ecclésiologie et la Liturgie jusqu’à l’an 2000 avant de partir en Irlande, où il enseigne actuellement. Le professeur Uzukwu est l’un des protagonistes de la théologie de l’inculturation. Pour lui, une théologie sûre de ses bases ne doit pas craindre de s’aventurer à la rencontre des traditions africaines. La théologie ne doit pas craindre le bon syncrétisme. Dans le débat sur l’inculturation du Christianisme en Afrique, le professeur Uzukwu tient une position particulière, que l’on peut formuler de la manière suivante : si l’on ne veut pas penser l’inculturation de manière à figer la tradition africaine et la religion chrétienne dans un face à face stérile, il faut soumettre l’une et l’autre à une critique socio-historique rigoureuse. Cette critique se fera au profit de la théologie, car elle mettra en relief ce que les cultures africaines peuvent contribuer à la manière d’être en Église, à la théologie des religions, à l’annonce de la foi chrétienne. Cette position transparaît clairement dans ses nombreux articles, publiés en anglais et en français, et dans ses cinq livres, qui malheureusement ne sont pas traduits en français (un sixième ouvrage est en cours de publication). Il convient de signaler, brièvement, trois parmi les livres du professeur Uzukwu, pour mettre en relief ses contributions en ecclésiologie, en Liturgie et en théologie des religions. Sa contribution dans le domaine de l’ecclésiologie est repérable dans le livre, A listening Church. Autonomy and Communion in African Churches (Orbis Books, Maryknoll, New York, 1996). L’auteur aime dire que ce livre est le fruit de l’Institut Catholique de Paris. De fait, il l’a rédigé alors qu’il donnait un cours à l’ISTR en 1994. Ce fut l’occasion de revisiter les valeurs des traditions africaines. Le professeur Uzukwu y affirme que l’exercice de l’autorité - comme écoute et consultation patiente au sein des sociétés traditionnelles africaines - peut aider à renouveler l’exercice du ministère dans l’Église. Il propose aussi un dossier conséquent sur l’Église ancienne d’Afrique du Nord, l’Église de Cyprien de Carthage, qui pratiquait ce genre de consultation. Il plaide, enfin, pour l’autonomie des Églises d’Afrique au sein de la communion de l’Église catholique. Son livre en liturgie et théologie des sacrements, Worship as Body Language : an African orientation (Liturgical Press, Collegeville, Minnesota, 1997) est devenu incontournable dans le monde Anglophone. L’auteur y affirme que les gestes corporels projettent une vision particulière de l’univers. Mobilisés dans la ritualité chrétienne, ils deviennent de véritables véhicules pour la narration de la mémoire du Christ. A ce titre, ils devraient être explorés dans le cadre d’une théologie sacramentaire digne de nom. Enfin, le dernier livre, à paraître, Tradition Retrieval and Christianity in West Africa. The Melody of Theology, s’annonce comme une contribution majeure à la théologie des religions et à la question de Dieu. Le professeur Uzukwu y explore le concept de Dieu en retrait, l’éloignement de Dieu, postulé dans les religions traditionnelles africaines. Il affirme que cette conception de Dieu peut aider à repenser la question de la vérité dans les religions. De manière plus pratique, elle peut aider à déjouer toutes tendance des religions à mobiliser Dieu pour la violence et la domination. Il apparaît clairement, aussi bien dans ses livres que dans ses interventions, que le professeur Uzukwu est un chercheur libre qui refuse de s’installer dans des cadres préétablis. Il aime citer la devise de l’humanisme Igbo, Ife kwulu ife ozo kwudebe ya, Partout où il y a quelque chose, il y a toujours quelque chose à côte, rien n’est vraiment quelque chose. Cela oblige à toujours chercher, à regarder au-delà de ses certitudes, à dialoguer. A partir de là, le théologien nigérian conçoit la théologie comme une théologie en contexte, ou encore une théologie provisoire. La théologie, c’est avant tout des problèmes à résoudre dans une église particulière, dans un contexte précis. On comprend ainsi pourquoi il tient tant à l’étude de l’histoire comme méthode fondamentale en théologie. [1] Voir une présentation élaborée : Roger GAISE, « Elochukwu E. Uzukwu, Un Liturgiste africain infatigable », in Bénézet BUJO et Juvénal Illunga MUYA (éd) Théologie africaine au 21e siècle. Quelques figures, Vol.1, Éditions Universitaires, Fribourg, 2002, p. 157-165. © 2001-2007 Catho-Theo.net
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