Dernière mise à jour : 4 mai 2006

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Faculté de Théologie de l'Institut Catholique de Paris

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Yves Congar, maître en théologie

Le centenaire de la naissance du cardinal Yves-Marie Congar (1904-1995) a été l’occasion de relire son œuvre, de restituer la genèse de sa pensée, [1] de clarifier sa contribution à l’ecclésiologie [2] et à l’œcuménisme. [3] Sa théologie a déjà fait l’objet de nombreuses thèses de doctorat, mais l’intérêt qu’elle suscite ne faiblit pas. Des groupes de travail se constituent, notamment dans l’espace anglo-saxon. [4]

Dans le cadre de la réforme LMD (Licence, Master, Doctorat), le second Cycle de Théologie Biblique et Systématique (Institut Catholique de Paris) a voulu donner la parole à de jeunes chercheurs en théologie qui appartiennent aux écoles doctorales de Paris, de Leuven et de Fribourg-en-Brisgau. Leur travail, auquel s’est adjoint celui de plusieurs membres du corps enseignant, montre la grande actualité de ce théologien français dont les années de formation ont commencé au Séminaire de l’Institut Catholique de Paris.

L’accent a été mis sur les questions de méthode. Pour accéder à la pensée du théologien, il faut resituer son activité dans le couvent dominicain qui était son milieu de vie et de prière, risquer une analyse raisonnée de son imposante bibliographie et prendre en compte le cadre scolastique de ses jugements sur les problèmes d’ecclésiologie pratique, par exemple le discernement des révélations privées. Prenant acte de la distance historique, on peut tenter une réinterprétation de la théologie de Congar.

À l’issue de ce parcours, il apparaît davantage en quoi Congar peut constituer un maître pour des théologiens à l’aube du XXIe siècle. Face au risque de se perdre dans le dédale des savoirs, son œuvre magistrale évite de refaire tout le parcours et sert de guide pour entrer dans la complexité des traditions théologiques. Le maître est quelqu’un qui libère dans l’essentiel, parce qu’il éveille à une théologie qui accompagne la foi vécue avant que de pouvoir être nommée. Préférant intégrer les diversités plutôt que de les supprimer, il donne le goût d’entrer dans une quête eschatologique de la vérité. Un maître en théologie apprend aux autres à ne pas craindre de s’exposer, non par souci de se mettre en avant, mais pour laisser percevoir de quelle manière la vérité les travaille. Un maître se reconnaît à ce qu’il suscite une telle parole, qui subvertit ses propres découvertes et relance le témoignage ecclésial.

[1] « Le Père Congar : genèse d’une pensée », Colloque de l’Institut Catholique de Toulouse, publié dans : Bulletin de Littérature Ecclésiastique, CVI/1, Janvier-Mars 2005.

[2] « Cette Église que j’aime », Colloque du Milltown Institute of Theology and Philosophy de Dublin, publié dans : Louvain Studies, 29, 2004, p. 219 ss.

[3] Hervé Legrand, « Yves Congar (1904-1995) : une passion pour l’unité », Nouvelle revue théologique, 126, 2004, p. 529-554, article consultable en ligne sur Catho-theo.net

[4] Elizabeth T. Groppe, Yves Congar’s Theology of the Holy Spirit, New York, Oxford University Press, 2004.

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