Dernière mise à jour : 25 novembre 2007

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Faculté de Théologie de l'Institut Catholique de Paris

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Les Apocryphes chrétiens des premiers siècles, mémoire et traditions

Le mercredi 26 et le jeudi 27 septembre 2007 a eu lieu à l’Institut Catholique un colloque intitulé « Les apocryphes chrétiens des premiers siècles, mémoire et tradition. » Cette manifestation était organisée par l’équipe d’accueil n°3 de l’École doctorale « Religion, Culture et Société. » La préparation a été assurée par un comité composé de Michel Berder, Yves-Marie Blanchard, Béatrice de Boissieu et Jacques-Noël Pérès.

Le choix du sujet avait été déterminé en raison de l’intérêt porté actuellement à la littérature apocryphe. Le nombre de publications consacrées à ces écrits depuis quelques années est considérable. Les motivations de cet attrait dans le grand public sont multiples, mais cet aspect médiatique ne doit pas faire écran. On doit prendre en compte la qualité de nombreux travaux de recherche qui unissent des équipes interdisciplinaires pour une meilleure connaissance de ces textes, de leur enracinement linguistique et culturel, de leurs caractéristiques littéraires et théologiques, ainsi que de leur postérité. Dans quelques semaines, la collection de « la Pléiade », aux éditions Gallimard, comptera un nouveau volume consacré à la traduction des manuscrits gnostiques découverts à Nag Hammadi en Égypte. Cet ouvrage s’ajoutera aux deux tomes déjà publiés sous le titre : Écrits apocryphes chrétiens (1997 et 2005).

L’objectif du colloque était de réfléchir, à la lumière des travaux les plus récents, aux enjeux de l’existence de cette littérature et de sa réception à travers les siècles.

La conférence d’ouverture, prononcée par le Professeur Enrico Norelli, de Genève, a déployé un large panorama des chantiers actuellement explorés par les chercheurs. Il a, entre autres, attiré l’attention sur la difficulté de donner une définition précise du terme « apocryphe », en raison de la liberté créatrice qui se manifeste dans ce type de textes. Dans le prolongement de cette communication, Béatrice Caseau a montré comment un regard d’historien peut aider à saisir l’influence de situations nouvelles sur la perception et la transmission d’une tradition particulière.

L’étape suivante de la démarche a permis de prendre conscience de la multiplicité des champs concernés par la transmission de ces traditions apocryphes. Des forums et des communications ont porté sur des domaines aussi variés que le cinéma, la musique, la littérature, l’ecclésiologie, la liturgie, l’iconographie. À ce sujet, François Boespflug, de la Faculté de Théologie Catholique de Strasbourg, a posé la question suivante : l’art chrétien n’est-il pas un évangile apocryphe de plus ?

Le jeudi matin, Jean-Daniel Dubois, de l’École Pratique des Hautes Études, s’est intéressé à la figure de Thomas dans plusieurs apocryphes, dont le fameux « Évangile de Thomas. » Paul-Hubert Poirier, de l’Université Laval, de Québec, a fait l’exégèse d’un texte de Nag Hammadi qui est souvent mis en relation avec le prologue de l’évangile de Jean. Michel Berder a traité de l’enfance de Jésus dans les évangiles canoniques et dans les apocryphes.

Une table ronde a réuni quelques doctorants qui ont engagé un débat avec les intervenants et avec la salle, sur les questions suscitées par les divers apports : les critères retenus pour la constitution du Canon des Écritures, la notion de vérité, la dimension œcuménique de ces recherches, le discernement à opérer face à ces traditions dans les pratiques pastorales, etc.

La dernière conférence, d’Yves-Marie Blanchard, a attiré l’attention sur les aspects théologiques de la réflexion engagée : « Le Canon des Écritures : naissance et statut de la Bible chrétienne. »

Deux réactions ont été exprimées à la suite du colloque :

– un étonnement devant la richesse des traditions chrétiennes des premiers siècles véhiculées par les textes apocryphes, – et la découverte de la diversité des champs d’influence de ces traditions.

Chacun, dans son propre champ d’étude, peut essayer d’en mesurer les effets.

Une publication des actes du colloque sera réalisée dans quelques mois sous forme d’un volume collectif. En attendant cette parution, nous donnons ici, dans une version simplifiée, le texte de trois conférences.

Michel BERDER

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